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Rivages/Thriller

Et vous trouvez ça drôle ? Donald Westlake

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 16 Février 2013. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Et vous trouvez ça drôle ? (What’s so funny ? 2007), traduit de l’anglais (USA) Pierre Bondil, 30 janvier 2013, 368 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Donald Westlake Edition: Rivages/Thriller

 

Donald Westlake est vivant. Encore un peu, en tout cas, puisque ses derniers romans à ne pas encore avoir été traduits depuis son décès le 31 décembre 2008 nous parviennent peu à peu en version française. Ainsi en est-il donc de Et vous trouvez ça drôle ?, avant-dernier volet des aventures de John Archibald Dortmunder, héros inventé par Westlake en 1971 et qui a participé de manière active à la notoriété de son créateur et a eu droit à plusieurs transpositions cinématographiques avec, pour l’incarner, des acteurs aussi divers (et plus ou moins bien choisis) que Robert Redford, George C. Scott, Christopher Lambert ou Martin Lawrence.

Dortmunder, c’est le génie du crime poursuivi par la poisse. Le type qui peut, pour mettre la main sur une émeraude, se trouver obligé de braquer successivement – et toujours avec succès – un musée, un poste de police et un asile psychiatrique. C’est le cerveau capable de voler une banque entière plutôt que son coffre si cela lui semble plus facile. Mais, invariablement, lui et ses acolytes se trouvent confrontés au grain de sable – généralement un personnage encore plus dénué de scrupules qu’eux – qui vient gripper toute leur belle mécanique et les fait rentrer bredouille.

La moitié du paradis, James Lee Burke

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 28 Novembre 2012. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

La moitié du paradis (Half of Paradise, 1965), trad. de l’anglais (USA) par Olivier Deparis, octobre 2012, 302 p. 20 € . Ecrivain(s): James Lee Burke Edition: Rivages/Thriller

 

 

« Dieu lui-même se tue en chaque feuille qui vole,

Et mieux vaut l’enfer que la moitié du paradis ».

 

C’est sur ces vers du poète américain Edward Arlington Robinson, qui lui donnent son titre, que s’ouvre le premier roman de James Lee Burke (datant de 1965) enfin traduit en France par les éditions Rivages. Exercice souvent un peu vain et servant juste la plupart du temps à placer l’auteur sous le signe d’un bien meilleur que lui (généralement Shakespeare dont on se demande parfois s’il n’a pas écrit que pour cela), l’épigraphe est ici, pour une fois, totalement justifiée en ce qu’elle donne réellement le ton de l’histoire qui va suivre.

Collusion, Stuart Neville

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 09 Octobre 2012. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, La rentrée littéraire

Collusion, Trad. anglais par Fabienne Duvigneau, septembre 2012, 375 p. 22 € . Ecrivain(s): Stuart Neville Edition: Rivages/Thriller

 

Avec les fantômes de Belfast, Stuart Neville nous avait plongés au cœur des ténèbres. Des ténèbres de la haine, de la violence, de la rancune, de la guerre civile irlandaise. Collusion mettant de nouveau en scène le fascinant personnage de Gerry Fegan, on pouvait s’attendre à un deuxième voyage plus sombre que la nuit. Or, par-delà la noirceur, ou plus exactement transcendant la noirceur, ce deuxième roman, cette « suite », frappe surtout par sa tonalité et son style baroques. Baroque, au sens où on peut employer ce qualificatif pour les westerns italiens, ceux de Sergio Leone par exemple.

Le Bon, la Brute, le Truand. Trois termes qui s’appliquent presque parfaitement aux trois personnages – tous masculins – qui émergent de cette nouvelle excursion dans l’Irlande des haines récentes.

Jack Lennon, le père éperdu et paumé qui n’a d’autre obsession que de retrouver sa petite fille Ellen dont il est privé et qui court les pires dangers. Gerry Fegan bien sûr – en personnage secondaire ce qui constitue une surprise – enfoncé jusqu‘à la folie dans la culpabilité et la quête de rédemption. Et « le Voyageur », tueur fou, grand nettoyeur presque robotisé, chargé de liquider, entre autres, les deux êtres que justement les deux précédents veulent à tout prix protéger.

Connivence avec l'ennemi, Elmore Leonard

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 28 Juin 2012. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Connivence avec l’ennemi (Comfort to the Enemy, 2009), traduit de l’anglais (USA) par Johanne Leray, juin 2012, 240 p. 18,50 € . Ecrivain(s): Elmore Leonard Edition: Rivages/Thriller

Troisième volet de la série de romans consacrés au marshal Carlos Webster publié en France après Le Kid de l’Oklahoma et Hitler’s Day, Connivence avec l’ennemi apparaît comme un livre un peu à part. D’abord parce qu’il a été publié aux États-Unis entre les deux romans cités ci-avant. Ensuite parce qu’il est initialement paru sous forme de feuilleton dans le New York Times. Ceci explique ce qui peut apparaître comme des incongruités aux lecteurs fidèles de Leonard : des chapitres (qui apparaissent comme des nouvelles) qui reprennent presque mot pour mot certains passages du Kid de l’Oklahoma pour poser les personnages de Carl Webster et de son père qui contrastent avec l’absence de références à l’intrigue de Hitler’s Day, si ce n’est la présence de Jürgen Shrenk, que Carl poursuit justement dans ce roman.

Shrenk, donc, fait normalement son apparition dans Connivence avec l’ennemi, même si le lecteur français a déjà eu l’occasion de le croiser. L’intrigue, ici, tiendrait sur un timbre poste : nous sommes en 1944 et, dans le bled paumé de l’Oklahoma où demeure et travaille Webster, se trouve un camp de prisonniers allemands. L’un d’entre eux a été exécuté par un groupe qui chercherait à organiser une évasion massive, et Carlos Webster entend se servir de Jürgen Shrenk, qui a la fâcheuse habitude de faire le mur du camp pour aller retrouver la belle Shemane, pour les confondre.

Red Grass River, James Carlos Blake

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 26 Mai 2012. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Red Grass River, (Red Grass River : A Legend, 1998), trad. de l’anglais (USA) par Emmanuel Pailler, Mai 2012, 414 p. 23,50 € . Ecrivain(s): James Carlos Blake Edition: Rivages/Thriller

Quatrième roman de James Carlos Blake après L’homme aux pistolets, Les amis de Pancho Villa et Crépuscule sanglant, Red Grass River est le septième à être traduit chez Rivages (Un monde de voleurs et Dans la peau, plus récents, ont été traduits en France avant lui). Une précision qui n’est pas qu’anecdotique puisque, d’évidence, on se trouve là, par les thèmes abordés, à la croisée des chemins quelque part entre Crépuscule sanglant et Un monde de voleurs (et même si un autre roman pas encore traduit chez nous, Wildwood Boys, s’insère dans la bibliographie de Blake entre Red Grass River et Un monde de voleurs).

En effet, en nous contant les douze années de l’épopée de ce qui deviendra le gang Ashley, braqueurs et trafiquants d’alcool des Everglades, entre 1912 et 1924, et en axant son récit sur la haine brûlante d’une amitié quasi fraternelle et déçue entre John Ashley et le sheriff Bob Baker, James Carlos Blake reprend là les ingrédients qui sont la marque de ses romans : l’amour et la haine fraternels, la fidélité au clan familial, l’esprit de vengeance et de conquête d’une nouvelle Frontière, et la construction chaotique d’un pays.