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Rivages/Thriller

L'arc-en-ciel de verre, James Lee Burke

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 10 Juin 2013. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

L’arc-en-ciel de verre, trad. de l’anglais (USA) Christophe Mercier, avril 2013, 446 p. 22 € . Ecrivain(s): James Lee Burke Edition: Rivages/Thriller

Dix-huitième volet des enquêtes de Dave Robicheaux, L’arc-en-ciel de verre voit le retour à New Iberia, après une excursion dans le Montana, du flic cajun.

C’est sans surprise que l’on retrouve Dave et son ami Clete Purcell aux prises avec, une fois encore, une vieille et riche famille de la région et quelques truands psychopathes qui ont débarqué dans la ville. Lancé dans une enquête sur des meurtres de jeunes filles, dans laquelle il est d’autant plus impliqué que sa fille Alafair fréquente l’un des suspects, et que Clete est soupçonné d’en avoir tué un autre, Dave dont l’opiniâtreté confine à l’entêtement met une nouvelle fois les doigts dans un panier de crabes.

James Lee Burke tourne-t-il en rond ? C’est en gros ce que l’on peut se demander depuis le début des aventures de Dave Robicheaux tant chaque nouveau volet présente des similitudes avec les précédents. Invariablement, le héros et son acolyte se trouvent confrontés à des familles bien implantées dans la région (vieille famille de propriétaires terriens ou famille mafieuse, voire les deux) et/ou à des criminels psychopathes de passage. Toujours invariablement, l’enquête a tôt fait de passer au second plan pour laisser la place aux tourments intérieurs d’un Dave Robicheaux décidé à aller jusqu’au bout de sa mission malgré les mises en garde (de son chef, de sa famille et de ses adversaires) et sa propre conscience des limites morales et légales avec lesquelles il flirte.

Manuel du Hors-la-loi, Daniel Woodrell

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 01 Juin 2013. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Manuel du hors-la-loi, traduit de l’anglais (USA) par Isabelle Maillet, avril 2013, 187 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Daniel Woodrell Edition: Rivages/Thriller

Hors-la-loi mais aussi hors du monde. Tels sont les personnages qui hantent les douze nouvelles de ce recueil de Daniel Woodrell. Dans cette région rude et isolée des Ozarks, devenue le lieu de prédilection de ses écrits noirs, Woodrell dépeint des vies à la marge, tout autant de la loi que de l’Amérique, des communautés repliées sur elles-mêmes et méfiantes vis-à-vis de l’étranger comme de leurs propres membres.

Au milieu de cette nature encore sauvage, à la fois splendide et menaçante, les liens entre les autochtones sont particuliers, les tensions exacerbées, les comportements déviants acceptés parce qu’ils sont cachés ou au contraire assumés et jetés à la face des autres. Ainsi verra-t-on un homme continuer à venir tuer le cadavre du voisin qu’il a assassiné, une fille s’occuper de son oncle pervers (« Mon bébé, il tient pas dans un berceau. Mon bébé, il fait bien cent kilos, il est dans un fauteuil roulant, il reste silencieux tout le temps et c’est dur de le pousser dans les côtes. Il peut plus parler depuis qu’il a reçu ce coup sur la tête que je lui ai moi-même donné. Je lui ai défoncé le crâne d’un coup de pioche, et depuis il a plus dit un mot, ni à moi ni à personne »), un fils mettre le feu à la maison de ses voisins pour que sa mère malade puisse voir le paysage qu’elle a toujours aimé, un étranger nouvellement installé, aux prises avec de dangereux locaux…

Argent sale, Richard Stark

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 15 Mai 2013. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Argent sale, traduit de l’anglais (USA) par Élie Robert-Nicoud, avril 2013, 268 pages, 20 € . Ecrivain(s): Richard Stark Edition: Rivages/Thriller

 

Dernier volet d’un triptyque (À bout de course, Demandez au perroquet, Argent sale), qui voit Parker courir après un magot impossible à écouler et chercher à échapper à la police et à ceux qui voudraient aussi mettre la main sur son butin. Argent sale est par ailleurs l’ultime aventure de Parker, parue en 2008, quelques mois avant la mort de son auteur.

Pour mémoire, dans les deux épisodes précédents, Parker, sorti de prison, se lançait dans l’attaque d’un fourgon blindé dont il s’avérait que le butin était composé de billets marqués. Non seulement impossibles à écouler, les billets en question mettaient la police sur les traces des braqueurs et entraînaient même l’arrestation de l’un d’eux. Traqué, Parker trouvait refuge chez un étrange ermite avec lequel il finissait par planifier l’attaque d’un champ de courses. Dans Argent sale, Parker décide de récupérer le butin abandonné dans une église malgré l’important dispositif policier mis en place. Aidé par sa compagne, Claire, par Mc Whitney, son complice lors de l’attaque du fourgon, et par Sandra, chasseuse de primes qui a basculé de son côté, Parker va donc jouer une dernière fois de ses talents de planificateur et de sa capacité à improviser face aux imprévus qui vont s’enchaîner et les mettre lui et Claire en danger.

Djibouti, Elmore Leonard

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 06 Mai 2013. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Djibouti (Djibouti, 2010), traduit de l’anglais (USA) par Johanne Le Ray, 347 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Elmore Leonard Edition: Rivages/Thriller

 

 

Dans Dieu reconnaîtra les siens, paru en France en 2003, Elmore Leonard abordait de manière quelque peu anecdotique la question du génocide rwandais. C’était jusque-là une de ses rares incursions du côté de l’histoire récente et de l’actualité géopolitique. Avec Djibouti, il s’empare réellement pour la première fois d’un sujet d’une actualité brûlante, à savoir la piraterie dans le golfe d’Aden et l’activité d’Al-Qaïda dans cette région du monde.

Réalisatrice de documentaires, primée aux Oscars, Dana Barr débarque à Djibouti avec Xavier, son assistant septuagénaire, pour filmer les pirates somaliens à l’œuvre dans cette région, carrefour entre l’Orient et l’Occident où se croisent barbouzes, millionnaires texans en quête d’aventures, marines de guerre, méthaniers, islamistes radicaux et, donc, pirates embarqués dans des yoles et amateurs de 4x4 Toyota.

Ils vivent la nuit, Dennis Lehane

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 04 Avril 2013. , dans Rivages/Thriller, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Rivages Ils vivent la nuit (Live by night) Trad (USA) Isabelle Maillet mars 2013. 525 p. 23,50 € . Ecrivain(s): Dennis Lehane Edition: Rivages/Thriller

 

Le dernier Dennis Lehane est une sombre et âpre traversée de la nuit urbaine. L’auteur a choisi avec intelligence de situer son histoire bostonienne – on ne quitte jamais vraiment Boston et la Mystic River avec Lehane – en 1926, au temps de la Prohibition, c’est-à-dire de la naissance du gangstérisme « moderne », fait de réseaux, de bandes et de guerres de territoires. En plaçant son roman dans cette époque, Dennis Lehane délivre un message à l’attention des amateurs de polars : je me place là à l’éclosion même de ce qui va être la littérature américaine la plus créatrice des temps modernes, le roman noir.

Cette position réflexive est la marque récurrente de ce livre énorme et stupéfiant. Lehane ne se contente pas d’écrire un immense livre noir, il se regarde écrivant un immense livre noir. Il pense son écriture comme écho de tout ce qui s’est écrit dans le genre. On est presque en permanence dans l’exercice de style : vous en voulez du violent, du sombre, du désespéré, de la solitude urbaine, de la trahison, de la haine ? Eh bien vous allez en avoir ! Et avec le talent époustouflant qu’il met ici en œuvre, avec une maîtrise rarement atteinte, il nous déploie un tableau urbain qui vire à l’épopée noire, nous emportant dans une lecture tendue et passionnante.