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Publications de nos contributeurs

Les champs de Paris, Yann Suty

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mardi, 06 Décembre 2011. , dans Publications de nos contributeurs, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Stock

Les Champs de Paris, janvier 2011, 384 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Yann Suty Edition: Stock


Les Champs de Paris, c’est un bar étrange autour duquel gravitent quatre protagonistes : Freddy, le beau garçon plein d’assurance et de fric, pour qui seules comptent les apparences, Anna, sa sublime petite amie qui s’ennuie à mourir, Cortès, le meilleur ami de Freddy, désespérément amoureux d’Anna, et Vanessa, la sœur de Cortès, qui a trouvé un refuge salutaire dans le bodybuilding.

Leurs points de vue s’entremêlent avec pour décor un Paris où la météo s’est totalement, définitivement déréglée.

Et, dans ce deuxième roman, Yann Suty ose même se mettre en scène.

Le rythme haletant, la force qui pousse à lire encore juste quelques pages, le suspense, les personnages plus vrais que nature, bien loin des clichés que l’on envisage de prime abord, les univers construits en quelques lignes seulement, des univers forts, marquants, qui restent, des images impressionnantes [qui font impression], un roman difficile, sans doute, à oublier, et que l’on a, de toute façon, pas envie d’oublier.

Le chemin qui serpentait sous les nuages, Daniel Leduc

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Samedi, 29 Octobre 2011. , dans Publications de nos contributeurs, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie, Editions de l'Atlantique

Le chemin qui serpentait sous les nuages, Préface de Charles Dobzynski Editions de l’Atlantique. Collection Phoibos 2011. 100 p. 19 € . Ecrivain(s): Daniel Leduc Edition: Editions de l'Atlantique

La poésie d’aujourd’hui n’a pas bonne presse. De fait, elle n’a pas de presse du tout ! Les travaux de création, les livres ou revues de poésie sont entourés d’un immense silence médiatique, écho porté du silence de ce monde sur les œuvres de l’esprit et du cœur.

Daniel Leduc est un poète. Un fou donc qui choisit la voie déserte. Ou « le chemin qui serpentait sous les nuages ».

L’acte poétique est au cœur de toute littérature. Il est la ligne de front où le créateur plonge les mains dans la matière même de l’écriture, la langue.

Daniel Leduc est de ces pétrisseurs de glaise. Les mots sont ici l’objet d’une traque incessante, sommés de livrer sans cesse au lecteur jusqu’à la dernière goutte du sens qu’ils sont capables de charrier.


"Pour le saisir

Faut-il entendre

Ce qui est dit ?

Orgueil et Désir, Myriam Thibault

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 03 Octobre 2011. , dans Publications de nos contributeurs, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Editions Léo Scheer

Orgueil et désir, roman, sept 2011, 104 pages, 18 € . Ecrivain(s): Myriam Thibault Edition: Editions Léo Scheer

Mais qu’est-ce que peut bien connaître, et à l’orgueil et au désir, une fraîche lycéenne de 17 ans ? On a dû le lui faire souvent, à Myriam Thibault, le coup de l’âge ! Car, c’est, en termes d’écriture – romanesque, qui plus est – un terrible deux coups. Un : une si jeune fille ! Admiration, étonnement : se mesurer à un livre intimiste, balayant des émotions et sentiments vieux comme le monde. Deux : ah ! Bien sûr, il manque l’expérience, le vécu, le « derrière soi » ; regard condescendant…

D’habitude, c’est vrai, l’univers des « jeunes filles qui écrivent », c’est plutôt le « soi », sa tranche d’âge, son bestiaire, conflits intergénérationnels, parlers, vêtements, musiques, parades des « twenties », comme on disait à mon époque… Ici, Myriam Thibault sort du cadre, et carrément – avec, peut-être le culot de son âge – s’invite « ailleurs » : autres générations, autre sexe, autre monde. Et il faut bien dire, au bout, que l’âge du capitaine n’est pas pour rien dans le plaisir qu’on prend à ce voyage !

Dans ce très petit livre que balancent les chansons de Gainsbourg « je ne veux pas qu’on m’aime, mais je veux quand même » (superbe résumé du livre en exergue), il y a du blanc, du duveteux, un rien d’austère, avec un soupçon de luxe de bon aloi – quartiers chics de Paris ; aucun problème de fin de mois.

La danse de Pluton, Frédéric Saenen

Ecrit par Christopher Gérard , le Lundi, 12 Septembre 2011. , dans Publications de nos contributeurs, Les Livres, Recensions, Roman

La Danse de Pluton, Ed. Weyrich, Neufchâteau 2011, 114 p. 13€

« Récit bref aux sombres entrechats » : tels sont les mots que, d’une plume encore ferme, Frédéric Saenen a tracés au moment du dessert sur mon exemplaire de La Danse de Pluton, son premier roman, publié dans une toute nouvelle collection dirigée par deux valeurs sûres des lettres belges, Alain Bertrand et Christian Liebens.

Dès l’apéritif (Orval fraîche), l’auteur me confie que ce roman a été rédigé en quelques semaines survoltées à la suite d’un défi. Je connaissais le spécialiste de Céline, l’irrédentiste liégeois, le critique littéraire d’une exemplaire probité, le poète déjanté et le nouvelliste désenchanté. Je le découvre aujourd’hui conteur et, à sa façon, moraliste.

Conte tragique plutôt que roman stricto sensu, La Danse de Pluton se révèle polyphonique: elle se lira comme une chronique sociale, comme l’analyse clinique du délitement d’une certaine Wallonie ravagée par la misère économique, esthétique et spirituelle, puisque l’un des personnages principaux – rien d’un héros ! – est l’un de ces assistés, sociaux et surtout mentaux, des banlieues sinistrées du grand Liège. Comme une méditation sur le destin, puisque Saenen met en scène la rencontre imprévue entre ce paumé en quête d’une vengeance qui prendrait la forme du crime gratuit (un pavé bien net, un lugubre pont d’autoroute, l’hésitant compte à rebours) et la petite Anaïs, fille d’un couple divorcé et qui, grâce à l’un de ses professeurs, trouve son salut dans la danse.