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Polars

Sous la glace, Louise Penny

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 25 Décembre 2011. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Actes Sud

Sous la glace. Novembre 2011. Actes Sud (actes noirs). 348 p. 23 € . Ecrivain(s): Louise Penny Edition: Actes Sud

 

« Sous la glace » est un livre « confortable », chaleureux, plein de bonheur de vivre. Et pourtant c’est de mort qu’il s’agit. De mort violente qui plus est, puisque l’affaire tourne autour de l’assassinat d’une femme, lors d’un match de curling, à Three Pines au Québec. Mais le policier chargé de l’enquête, lui-même familier de Three Pines, va évoluer et nous emmener avec lui, dans un monde merveilleux : un village québécois, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Montréal, à la veille de Noël.

L’inspecteur-chef Armand Gamache doit élucider une bien étrange affaire de meurtre. La très antipathique CC de Poitiers (ça ne s’invente pas !) a été assassinée en plein milieu d’un public qui regardait, lors des festivités de Noël, un match de curling. Pour ceux qui ne connaissent pas (pardon à nos ami(e)s québécois(e)s, ça existe !), il s’agit de ce jeu où on lance sur la glace une espèce de gros fromage de pierre pour atteindre une cible dessinée au bout de la piste. Tout à coup, grande agitation, on retrouve CC de Poitiers raide morte, électrocutée ! Vous avez bien lu, électrocutée, au milieu d’un public de spectateurs, sur un sol gelé.

Les Griffes du Passé, Walter Mosley

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 11 Décembre 2011. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Editions Jacqueline Chambon

Les Griffes du passé (Known to evil). Nov. 2011. Trad. De l’anglais (USA) Oristelle Bonis. 355 p. 23 € . Ecrivain(s): Walter Mosley Edition: Editions Jacqueline Chambon

Walter Mosley est l’un des derniers dinosaures du roman noir américain. Il est tout droit sorti de l’univers irremplacé de l’âge d’or, celui de Raymond Chandler, de Davis Goodis, de Chester Himes. Son monde est pétri de la même pâte : la Ville, partout dévorante, létale, asphyxiée et pourtant d’une beauté écrasante. Les personnages de Mosley, depuis 20 ans et près de 20 livres, sont happés par la Ville comme des papillons par la lumière : ils s’y grillent les ailes mais n’en partiraient pour rien au monde. Le monde de Mosley est noir (dans tous les sens du terme, Walter Mosley, comme Chester Himes, est Afro-Américain) et mégapolitain.

Avec Les Griffes du Passé, on lit la deuxième enquête du nouveau héros de Mosley, Leonid McGill. Détective privé bien sûr (je vous l’ai dit, grand classique !), noir, désabusé, mais qui ne pourra jamais se défaire d’une croyance originelle en l’humanité. Malgré. Malgré tout. Et le « Tout » ce n’est pas rien !

A la recherche d’une jeune femme introuvable, Leonid va nous emmener dans un voyage improbable à travers un New York –évidemment – fascinant. Et pourtant tout a commencé par un coup de fil qui semblait annoncer une affaire des plus simples :

Millénium 1, les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 04 Décembre 2011. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Actes Sud, Babel (Actes Sud)

Millénium 1. Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Män som hatar kvinnor, 2005), traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain, Babel Noir, 710 p. 11,50 € . Ecrivain(s): Stieg Larsson Edition: Babel (Actes Sud)

Après la bataille.

La saga Millénium a remporté un succès colossal. A un moment, tout le monde semblait la lire ou l’avoir lue, il devenait presque difficile de résister à la déferlante. Le livre était de toutes les conversations. Il y avait ceux qui l’avaient lu et les autres.

Les autres…

Certains, qui lisaient là leur seul livre de l’année, ne comprenaient pas qu’on ne puisse pas avoir déjà dévoré cette formidable aventure littéraire. Il nous manquait quelque chose à nous qui n’avions pas encore succombé.

Mais parfois on se méfie. Pas du succès. Ce n’est pas parce qu’un livre rencontre un tel engouement qu’il est nécessairement mauvais (comme peuvent le prétendre certains pour qui la confidentialité est gage de qualité). Mais on se souvient du précédent Da Vinci Code.

Le Bloc, Jérôme Leroy

Ecrit par Christopher Gérard , le Jeudi, 01 Décembre 2011. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard, La rentrée littéraire

Le Bloc, Série noire, Gallimard. Sept 2011, 17,50 € . Ecrivain(s): Jérôme Leroy Edition: Gallimard

Jusqu’à présent, la droite radicale n’inspirait guère les romanciers, si l’on excepte Fasciste, talentueux roman d’apprentissage de Thierry Marignac (Payot, 1988), Les Sectes mercenaires (Le poulpe, 1996) ou Blocus solus, polars ésotériques du très marginal Bertrand Delcour.

Jérôme Leroy a-t-il lu ces auteurs ? Sans doute. Lui-même proche un temps de la mouvance royaliste (tendance Boutang) et collaborateur de la brillante revue « néo-hussarde » Réaction, n’a cessé, dans ses précédents romans, de dépeindre un monde crépusculaire, en proie aux tortueuses manipulations de polices parallèles qui tentent de maîtriser un chaos grandissant. Monnaie bleue (Rocher, 1997), à mon sens l’une de ses réussites majeures, illustrait avec talent sa vision pessimiste d’une France décadente, au bord de la guerre ethnique et gangrenée par une corruption digne du Bas-Empire romain. Les héros de J. Leroy, généralement des professeurs de lettres en zone prioritaire (« à discrimination positive », dirait-on en Belgique), se révèlent des nostalgiques alcoolisés, à la fois bibliophiles désenchantés et amoureux passionnés qui, un soir de fin du monde, se retrouvent entraînés dans les soubresauts d’un régime à l’agonie. Tous ses livres en témoignent : à l’instar de son confrère Sébastien Lapaque, lui aussi issu de l’Action française, il se passionne pour les vins non soufrés, non filtrés, bref, de ces vins qui vous délient la langue sans vous filer une casquette à boulons.

Le premier appelé, Christian Ego

, le Lundi, 28 Novembre 2011. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Toucan

Le premier appelé, Editions du Toucan (coll. Toucan Noir), novembre 2011, 505 p., 22 € . Ecrivain(s): Christian Ego Edition: Toucan

 

Un thriller qu’on aurait aimé apprécier, qui aurait pu réussir. Tant la matière, l’ouverture, en étaient propices, voire fécondes. Le Front de l’Est, l’infini des plaines ukrainiennes, d’énigmatiques reliques orthodoxes convoyées par l’Armée Rouge, et qu’interceptent des légionnaires de la LVF… jusqu’à nos jours, soixante ans après, jusqu’au dénouement qui ressemble, c’est à déplorer, à un long éventement.

D’abord les personnages, qui ne sont pas assez typés (leur nature d’agent du GRU, de flics, de descendants de légionnaires se prêtait pourtant à une juste éthopée, à d’intéressants portraits), qui en quelque sorte semblent ne pas croire à leur propre rôle, et se perdent parfois en digressions, en dialogues dont l’humour est souvent parasite. Puis les reliques, qui s’avèrent finalement assez décevantes, dont le mystère n’en impose en tout cas pas. Et l’intrigue, quand jouerait-elle avec efficacité d’analepses et prolepses, quand serait-elle étayée par le travail documentaire, qui n’est pas assez tenue, plus précisément tendue, qui parfois fait relâche et aurait sans doute supporté d’être écourtée.

Le premier appelé est plus appréciable dans son intention que dans sa réalisation. Car, une fois encore, tout est là. Mal exploité cependant, ou mal ajusté, ou mal cadré – comme s’il y avait eu quelque part un problème de focale.