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Mauvais jours

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud 02.06.14 dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

Mauvais jours

 

 

 

Mille vies

Pour un chien

De chiens

Quelque chose

Comme souche

Céleste molosse

Universel

Toujours

Eternel

Dieu ne s’en ira pas,

d’ici,

lui, luit la perfection

de cette puante matière

Jamais aucun Dieu

sous le soleil

Ni moi

Jamais aucun Dieu

Ni moi

Vice de la nature

Jamais plus de Dieu

Ni moi

 

Avortement

Moi de lui qui miroite

Illusoire, dérisoire

Ridicule qui fait rire

Drôlement le désespoir

Un Dieu rénal

J’irai l’évacuer

Il ne s’en ira pas

J’irai le pisser

Dieu,

Des lames me charcutent la verge

Ma tuyauterie,

Mauvaise plomberie

 

Ce frère qui n’est pas de ma mère

Ma mère

Ce frangin bâtard

Qui n’est pas de mon père

Qui n’est même plus des miens

Supérieur,

haut des hauteurs

Elevé,

jamais ne retombe

S’il dévale

Il m’écrase

Même élevé

Trop élevé

Lourd l’air

Saccage le beau

 

Non un rival honorable

Je perds d’abord avant de perdre

Avant de l’avoir comme père

Il m’a dépossédé

Lui naissance de rien

Moi, né écorché

Il truque chaque partie

Il triche

Une divinité de honte

Il menace, il peut

Lui n’est que pouvoir

Moi aussi je peux…

Arnaquer les fourmis,

Les sauterelles

Je peux…

Saccager à mon tour

Mais moi, je me vaux

Moi-même

Et …

C’est cela que j’ai dans l’âme

Ma peau, mes os,

cette chair qui périt

 

Il n y a pas d’homme vrai

Aucun Dieu vrai

Ni de vérité vraie

Ni même de mensonges

 

Etrangers,

compagnons,

amis…

Dégénérés de mon époque

 

Les nuits,

les minuits,

les cloches,

les sonneries…

Les cris des mosquées

C’est calme, c’est paisible,

puis

le jour,

la vie bouillonne de vie,

se gaspille,

s’écroule sur elle-même

Je cours figé,

j’ai ma peau qui me colle,

qui me serre…

Les tares

un peu tard,

les leurres

Quelque chose,

Profond, intime

me dévore l’intérieur

rien,

Jamais

rien n’est pour plus tard

vite…

faire vite,

passer vite,

se troquer vite

contre un gros rien

ou un peu de rien

se frotter vite…

à ce néant-demain

 

aujourd’hui

quotidiennement

le présent

Les cafés dépeuplés,

les rues désertes,

quelques mortels

gluants,

mous dans leur absence […]

une vie desséchée.

Des personnages

sans têtes,

femmes plates

en surface de carton

terrifiant confort intellectuel.

Des fœtus toxiques,

bébés dépressifs…

et des molosses.

 

Je vous vois mourants,

effrayés,

traînant des ombres macabres.

Des ivrognes,

des magouilleurs,

des jours calibrés…

Des anges carbonisés,

magnificence de l’enfer.

 

La morgue,

les navets,

les paniques maternelles,

des flammes figées,

jeunesse dépensée,

mesquin au crépuscule d’un semblant de vie.

 

Chérissez donc les mots,

même les idées seront courtes.

Vinerez les sentences.

 

Je ne trouve pas agréable

qu’on séjourne dans ma tête,

qu’on squatte mon âme.

 

Lacérons les pneus de ce bus mal sain

Sevrons Dieu de nos prières

Sevrons les esprits des prières

N’accordons rien de vivant à Dieu

Il sent déjà mauvais

Lui qui luit

Pue la décomposition

Qu’il soit maudit, comme je le suis…

 

Ahmed Yahia Messaoud


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