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Le poids des mensonges, Patricia McDonald

Ecrit par Valérie Debieux 04.03.12 dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Albin Michel, Polars, Roman, USA

Le poids des mensonges. Mars 2012. Trad anglais (USA) par Nicole Hibert. 336 p. 19,90 €

Ecrivain(s): Patricia McDonald Edition: Albin Michel

Le poids des mensonges, Patricia McDonald

Hartwell, petite ville située dans le Sud du New Jersey. Années 2010. Le prologue : deux orphelins, un frère et une sœur. Le premier, James, seize ans. Exclu de lycée, accro aux médicaments délivrés sur ordonnance, condamné à suivre une thérapie sur ordre du juge aux affaires familiales, sous le coup d’un retrait du permis de conduire. La seconde, Caitlin, vingt-huit ans. Son métier, « directrice du service de recrutement des étudiants issus de minorités », elle s’attache à «repérer des jeunes sans moyens financiers et les encourager à réaliser leur rêve : étudier à Brunswick University. Tutrice de son cadet depuis la mort récente de leurs parents, elle a reçu, en héritage, leur cottage et leurs soucis. « Si seulement James remontait la pente, elle n’aurait peut-être pas l’impression de mener un combat perdu d’avance. Malheureusement, la plupart du temps, il était déprimé et ne lui adressait pas la parole. Elle vivait avec un fantôme qui hantait silencieusement la maison, errant de pièce en pièce ».


Un soir, à son retour chez elle, Caitlin découvre, avec surprise, le véhicule de son père à l’extérieur du garage. L’angoisse. Son frère est au salon, dans l’obscurité. Bref interrogatoire. « Je l’ai juste… déplacé ». Et pourtant.

« Les dégâts étaient bien visibles. L’avant du véhicule était cabossé. Sérieusement cabossé. Merde. Il avait menti, il avait conduit. On lui avait retiré son permis, et maintenant ça. Pas étonnant qu’il se sente mal, pensa-t-elle, furieuse. Et les dégâts étaient importants. On aurait dit qu’il avait percuté un arbre. […] Elle se pencha pour examiner la carrosserie et distingua sur le pare-chocs embouti une tache sombre et luisante. Elle la toucha, sentit sur ses doigts quelque chose d’humide, de gluant. Elle regarda sa main. Aucun doute possible. Le cœur battant, elle recula d’un bond. Tout à coup, elle se rendit compte que James était là, dans l’obscurité, juste à la lisière de l’arc de cercle que dessinait l’ampoule au-dessus du portail ». Fin du prologue mais l’histoire ne fait que commencer.


Caitlin vit heureuse avec son mari, Noah, et Geordie, six ans, le fils qu’il a eu avec sa première épouse, Emily, décédée, victime d’un chauffard jamais retrouvé. Caitlin adore l’enfant, elle s’en occupe comme de son propre fils. Mais, un matin, un appel téléphonique. Coup de tonnerre dans ce ciel limpide, Geordie a disparu de l’école. « Nous n’avons pas de certitude. Il a pu s’en aller volontairement. Ça arrive. Les gamins sont ça, il leur passe une idée par la tête, et hop, ils s’en vont. À moins qu’il se cache quelque part. Ici même, dans l’école. Tout est possible. Mais nous devons envisager… le pire. Garder espoir, mais envisager le pire ». La police mène son enquête, Caitlin la sienne. Rien ne l’arrête. Elle creuse les secrets, elle sonde. Les murs se lézardent, le présent cesse d’être l’otage du passé et les cœurs s’ouvrent, et, au final, « À présent, je sais ce qui s’est passé. Comment ça s’est passé ».


Ce roman, une saga, celle qui va de l’ombre à la lumière. Celle de non-dits profondément enfouis au surgissement de l’indicible vérité. Patricia MacDonald conduit cette histoire à suspense et à ressorts avec une main de virtuose. Trente-trois chapitres de plaisir.


Valérie Debieux


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A propos de l'écrivain

Patricia McDonald

Patricia MacDonald a débuté sa carrière dans le journalisme. Après avoir collaboré à de nombreux magazines, elle décide de se lancer dans l’écriture. Depuis 1985, date de la parution de son premier roman dans la collection « Spécial Suspense », « Un étranger dans la maison », Patricia MacDonald a vendu en France plus d’un million huit cent mille exemplaires de ses livres. Elle vit à Cape May, près de Philadelphie, où son mari, Art Bourgeau, tient l’une des meilleures librairies spécialisées en polars des Etats-Unis.

« Une des meilleures spécialistes du suspense psychologique, qui n’a pas sa pareille pour restituer le climat austère et étriqué des bourgades provinciales » - (Dictionnaire des littératures policières).

A propos du rédacteur

Valérie Debieux

 

 

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Valérie Debieux a été Directrice adjointe, rédactrice et responsable de la communication sur les réseaux sociaux (septembre 2011-juillet 2014)

Rédactrice et responsable du secteur littérature suisse

Ecrivain et traductrice littéraire née en Suisse en 1970

Membre de l’Association des Amis de Jean Giono: http://www.jeangiono.org/


Le site de Valérie Debieux :

www.lagalerielitteraire.com