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Le complexe de l’écrivain (3), par Eric Dubois

Ecrit par Eric Dubois 18.10.17 dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

Le complexe de l’écrivain (3), par Eric Dubois

 

Je rencontre souvent Éric Dubois, dans certains quartiers de Paris, comme Montparnasse ou Saint-Germain, il préfère la Rive gauche à la Rive droite, dit-il souvent, même si les quartiers bobos des 19e et 20e sont à la mode depuis quelque temps. Il me dit que son dernier récit, L’homme qui entendait des voix, est autobiographique et qu’il était paralysé par l’emploi du Je dans la première version du texte, au moment de sa rédaction, préférant un Il presque impersonnel aux affres de l’autofiction. Comme je le comprends ! On ne quitte pas la poésie comme ça ! C’est ce que je m’évertue à dire à Laure. Comme dans la peinture, je veux n’être qu’un petit maître en poésie et non un génie incompris du roman ! Je le dis d’autant plus que je suis encore assez jeune pour avoir de l’ambition, une ambition juste et mesurée. Éric Dubois, la cinquantaine, sait que pour lui, c’est fini, il aurait dû écrire le roman de sa génération, dans les années 90, c’est trop tard. Je lui dis que non, il peut encore prouver des choses dans ce domaine. Je quitte Éric Dubois pour aller sur l’autre rive, aller sous la Canopée du Forum des Halles, faire quelques courses, puis plus loin, visiter l’exposition David Hockney au Centre Pompidou. J’en reviens, ragaillardi par tant de talent pictural, de maîtrise absolue. Ce peintre révolutionne la peinture figurative des temps contemporains. C’est monstrueux tant de génie ! J’aurais dû être peintre ! Au lieu de me fourvoyer dans les mots !

Laure : Alors ?

Moi : Quoi ?

– Ton roman ?

– Cela n’avance pas. Mais je prends des notes.

– Très bien.

Que lui dire d’autre ? Je vais sans doute continuer à faire des piges encore longtemps. Elle me dit qu’elle connaît l’attachée de presse de Machin Chose. Je lui dis, c’est très bien. Oui, me dit-elle, c’est une de mes collègues qui me l’a fait connaître. Très sympa et simple.

– Ah bon ! Ok. Tiens, j’ai écrit un poème, ce matin.

– Oui.

– Un poème sur des pigeons malades.

– ???

– La pollution les atteint aussi, tu sais. Les voitures, tout ça. Tu comprends ?

– Oui, je comprends. Je comprends surtout que t’es indécrottable avec ta Poésie !

– Les pigeons malades, ça ne t’intéresse pas ?

– Non, je m’en fiche.

 

Éric Dubois

 

A suivre

 

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A propos du rédacteur

Eric Dubois

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Eric Dubois est né en 1966 à Paris. Auteur de plusieurs ouvrages de poésie dont  entre autres « L’âme du peintre » ( publié en 2004) ,  « Allée de la voûte »(2008), « Les mains de la lune » »(2009), « Ce que dit un naufrage »(2012) aux éditions Encres Vives, « Estuaires »(2006) aux éditions Hélices ( réédité aux éditions Encres Vives en 2009), « C'est encore l'hiver »(2009) , « Radiographie » , « Mais qui lira le dernier poème ? » (2011) sur www.publie.net, « Mais qui lira le dernier poème ? » aux éditions Publie.papier, « Entre gouffre et lumière » (2010) chez L'Harmattan ,« Le canal », « Récurrences » (2004) , « Acrylic blues »(2002) aux éditions Le Manuscrit. Participation à de nombreuses revues.  Textes inédits dans les anthologies  Et si le rouge n 'existait pas ( Editions Le Temps des Cerises, 2010) et Nous, la multitude ( Editions Le Temps des Cerises, 2011), Pour Haĩti ( Editions Desnel, 2010) , Poètes pour Haĩti (L'Harmattan, 2011), Les 807, saison 2 ( Publie.net, 2012), Dans le ventre des femmes ( Bsc Publishing, 2012) ... Responsable de la revue de poésie en ligne « Le Capital des Mots ». Blogueur : « Les tribulations d'Eric Dubois ».

 

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