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Le chemin qui serpentait sous les nuages, Daniel Leduc

Ecrit par Léon-Marc Levy 29.10.11 dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Publications de nos contributeurs, Poésie, Editions de l'Atlantique

Le chemin qui serpentait sous les nuages, Préface de Charles Dobzynski Editions de l’Atlantique. Collection Phoibos 2011. 100 p. 19 €

Ecrivain(s): Daniel Leduc Edition: Editions de l'Atlantique

Le chemin qui serpentait sous les nuages, Daniel Leduc

La poésie d’aujourd’hui n’a pas bonne presse. De fait, elle n’a pas de presse du tout ! Les travaux de création, les livres ou revues de poésie sont entourés d’un immense silence médiatique, écho porté du silence de ce monde sur les œuvres de l’esprit et du cœur.

Daniel Leduc est un poète. Un fou donc qui choisit la voie déserte. Ou « le chemin qui serpentait sous les nuages ».

L’acte poétique est au cœur de toute littérature. Il est la ligne de front où le créateur plonge les mains dans la matière même de l’écriture, la langue.

Daniel Leduc est de ces pétrisseurs de glaise. Les mots sont ici l’objet d’une traque incessante, sommés de livrer sans cesse au lecteur jusqu’à la dernière goutte du sens qu’ils sont capables de charrier.


"Pour le saisir

Faut-il entendre

Ce qui est dit ?

(…)

Faut-il écouter

les craquements ?"


Daniel Leduc n’écoute que ça. Les lieux, les fissures, les interstices où ça cloche sémantiquement, écho abyssal de tout ce qui cloche d’une humanité improbable. Le poète est sûr que le vrai est dans la fissure. De nos vies, de nos mots. Si ça parle, l’homme, c’est là que ça se passe … Tout se passe :


"Le conteur a trouvé

Le chemin clair-obscur,

Le nomade

L’eau qui mène à la source"


Jusqu’au vertige du sens. Jusqu’aux questions uniques de la condition humaine. Jusqu’au bout de l’audible :


"A-t-il une ombre un nom

Quelque chose

Qui l’énonce ?"

 

Daniel Leduc re-façonne l’homme dans la seule quête littéraire qui vaille : la langue de l’écriture peut-elle approcher la solitude radicale des êtres ? Peut-elle lui donner espoir ? Peut-elle lui donner sens ?


"Que sommes-nous

sans paragraphes ?

Quelles phrases

nous soumettent

au présent ?

Que devient l’incipit

au terme de l’épilogue ?

Avons-nous le terme

pour nous désigner ?"


La poésie n’a plus de public ? Répondons en militant pour qu’elle soit ce qu’elle est : la source première de toute littérature ! Lisons Daniel Leduc par exemple. Pour répondre haut et fort.


Léon-Marc Levy



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A propos de l'écrivain

Daniel Leduc

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Rédacteur

 

Écrivain et poète, Daniel Leduc est né à Paris en 1950. Il a suivi des études supérieures de cinématographie et a exercé des activités de critique et de chroniqueur littéraire, artistique, musical ou cinématographique. À son actif s'inscrivent une trentaine d’œuvres publiées dans les domaines de la poésie, de la nouvelle, de la littérature jeunesse. Parmi celles-ci on peut citer L’Homme séculaire (Prix René Lyr), La Respiration du monde, Territoire du poème, Le Livre des Tempêtes, Le Livre des Nomades, Le Livre de l’Ensoleillement, Partage de la Parole, Aux Fils du Temps (nouvelles), Pierre de Lune (jeunesse), L’Homme qui regardait la nuit (jeunesse), Le miroir de l’eau (jeunesse), La terre danse avec toi (jeunesse).  Ses textes, traduits dans une quinzaine de langues, figurent dans de nombreuses anthologies françaises ou étrangères. On peut en savoir davantage en se référant à Wikipédia.

A propos du rédacteur

Léon-Marc Levy

 

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Directeur du Magazine

Agrégé de Lettres Modernes

Maître en philosophie

Auteur de "USA 1" aux éditions de Londres

Domaines : anglo-saxon, italien, israélien, maghrébin

Genres : romans, nouvelles, essais

Maisons d’édition principales : Rivages, L’Olivier, Joëlle losfeld, Gallimard, Seuil