Identification

La rentrée littéraire

La mort est une nuit sans lune, Renaud Santa Maria

, le Mardi, 11 Septembre 2012. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Stéphane Million éditeur

La Mort est une nuit sans Lune, Stéphane Million Editeur, 23 août 2012, 15 € . Ecrivain(s): Renaud Santa Maria Edition: Stéphane Million éditeur

Après nous avoir étonné et passionné avec son premier livre Le cœur en berne (Recueil de nouvelles) et ses différentes publications dans la très bonne revue Bordel éditée par Stéphane Million. Renaud Santa Maria fait sa rentrée cette année avec son premier roman.

Attention auteur !

Premier roman, première réussite.

Quel amour de la langue, quelle beauté dans le choix des mots, avec en plus une pointe d’humour parfois légèrement décalée.

Au travers des pages, nous traversons la vie d’un homme, Augustin. De l’enfance à l’âge des souffrances. La dépression, l’envie de mort et l’amitié sont présentes tout au long de cette vie. Une forme de bonheur aussi lorsqu’il rencontre enfin Clara qui, un temps du moins, lui fera oublier qu’il n’est pas de ce monde.

C’est après avoir quitté Reims, sa ville natale, pour Paris, qu’il provoquera la rencontre de la femme de sa vie.

Coupables, Ferdinand von Schirach

Ecrit par Olivier Verdun , le Lundi, 10 Septembre 2012. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Nouvelles, Gallimard

Coupables, traduit de l’allemand par Pierre Malherbet, septembre 2012, 187 p. 17,90 € . Ecrivain(s): Ferdinand Von Schirach Edition: Gallimard

 

Dans son dernier recueil de nouvelles sobrement intitulé Coupables, Ferdinand von Schirach ne ménage guère son lecteur qu’il plonge dans l’opacité sans fond des motivations humaines, au cœur de la mécanique des affaires criminelles.

Avocat de la défense au barreau de Berlin depuis 1994, Ferdinand von Schirach sait de quoi il parle. Les événements qu’il relate, tous aussi sordides les uns que les autres, seraient restés de simples faits divers tout droit sortis des annales judiciaires sans le regard clinique et profondément humain à la fois de l’écrivain.

Au fil de ces quinze nouvelles, dont certaines donnent la nausée tant l’écriture, qui n’est pas sans rappeler celle d’Agota Kristof, du Michel Houellebecq d’Extension du domaine de la lutte ou, au cinéma, de Bruno Dumont, est limée jusqu’à l’extrême concision, l’auteur traque, au-delà des seules questions de justice et de procédure, des vies sur le fil du rasoir, des vies qui se détraquent, des vies qui basculent jusqu’au point de non retour, prises dans l’engrenage de sibyllines nécessités.

Des impatientes, Sylvain Pattieu

Ecrit par Martine L. Petauton , le Dimanche, 09 Septembre 2012. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La Brune (Le Rouergue)

Des impatientes, Août 2012, 250 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Sylvain Pattieu Edition: La Brune (Le Rouergue)

« Elles ont poussé entre les murs, n’importe comment, herbes folles sans tuteurs, et elles se sont frayé un passage, le corps dans l’ombre, la tête tournée vers le soleil »… impatiences ? ces fleurs modestes, poussant partout, peu exigeantes en soins, gratifiantes, au bout du compte sur nos terrasses estivales, ou, impatientes ? ces filles de banlieue, là-bas, bien aussi loin que l’Équateur, de l’autre côté du périphérique.

Ce n’est pas que le sujet – jeunes issus de l’émigration ; lycée mosaïque, centre commercial au pied des barres, ou, plus chic, au cœur de Paris – soit original, ni en version documentaire, ni en version fiction ; le genre, si réussi, Entre les murs, s’étant reproduit chez nos libraires. Mais ce livre-ci apporte à la collection quelque chose d’à part ; un angle d’attaque, un rythme au dynamisme nouveau, du frais – un peu acide particulièrement réussi pour un premier roman.

L’auteur s’y connaît ; professeur de terrain, puis de faculté, expert en sociologie. Il aurait probablement pu faire 2 ou 3 mémoires sur le sujet ; il a choisi le roman ; on imagine qu’autour de lui, plus d’un a dû trouver ça « culotté »…

Deux filles pour gouvernail de cet étrange bateau, pour un voyage plus dépaysant que toutes vos vacances réunies.

La dernière nuit de Claude Eatherly, Marc Durin-Valois

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 08 Septembre 2012. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Plon

La dernière nuit de Claude Eatherly, août 2012, 344 p. 21 € . Ecrivain(s): Marc Durin-Valois Edition: Plon

Une étrange fascination. Quand la reporter-photographe Rose Martha Calther rencontre Claude Eatherly, dans l’antichambre d’un tribunal, au Texas, en 1949, elle ne se doute pas encore qu’elle nouera une relation des plus ambigües avec lui pendant près d’une trentaine d’années.

L’homme a été arrêté pour conduite en état d’ébriété. Il sera vite relâché. Pour la jeune et jolie photographe, ce Claude Eatherly, même s’il est très séduisant, n’est finalement qu’un autre de ces faits divers auxquels elle est cantonnée depuis le début de sa carrière. Sauf que…

A la sortie du tribunal, un homme vient lui raconter l’histoire de Claude Eatherly. Il travaille actuellement comme gérant de station-service, mais, pendant la seconde guerre, il a participé à la mission Hiroshima. Plus précisément, il a ouvert la voie à l’Enola Gay, qui avait lâché la première bombe atomique de l’histoire.

Eatherley a survolé le site en éclaireur pour s’assurer que les conditions étaient réunies pour procéder au largage de la bombe. Ou pas. C’était donc à lui qu’incombait la décision de larguer la bombe. Et il ne s’en remet pas.

« Il avait la conviction d’avoir endossé la responsabilité morale du premier massacre atomique de l’histoire ».

Les lisières, Olivier Adam

Ecrit par Alexandre Muller , le Vendredi, 07 Septembre 2012. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Flammarion

Les lisières, 22 Août 2012, 464 p. 21 € . Ecrivain(s): Olivier Adam Edition: Flammarion

 

Paul est un être périphérique, incapable de se placer au centre de son existence, toujours à ses lisières. Ecrivain, sujet à une Maladie sans nom, sorte de mélange de dépression et d'alcoolisme, il traverse une période particulièrement difficile. Sa femme vient de le quitter, ses deux enfants (Manon et Clément) sont restés vivre avec elle et sa mère est à l’hôpital. Il doit retourner à V. à la périphérie de Paris, dans cette petite banlieue où il a passé la majeure partie de son enfance. Une banlieue ni bourgeoise, ni pauvre, où il a laissé ses mauvais souvenirs de jeunesse. Des souvenirs ? Pas tant que cela, puisque Paul n’a gardé de son enfance que très peu d’images. V. lui inspire une amertume, un malaise. A V. il ne se sent pas chez lui, alors qu’y sont ses seules racines. Mais V. n’a pas vraiment d’identité, alors comment se sentir de venir d’ici ?

A l’hôpital sa mère ne le reconnaît qu’un coup sur deux. Son père et son frère s’obstinent à nier une évidence. Se sont les médicaments qui lui font perdre la mémoire, ce n’est rien. Et toujours, les rapports conflictuels avec ce père qui ne cesse de lui reprocher ce qu’il est et son frère qui le prend de haut. Tout les oppose, le fils modèle, le père sévère et lui.