- Lettres à Eugène, Hervé Guibert/Eugène Savitzkaya
- Maisons perdues, Nathalie Heinich
- Les Insoumis, tome 1, Alexandra Bracken
- American Gothic, Xavier Maumejean
- Les plages du silence, Serge Mestre
- Les violents de l'automne, Philippe Georget
- Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry
- Triptyque lybien, Alessandro Spina
- La première chose qu’on regarde, Grégoire Delacourt
- Stefan Zweig en La Pléiade Gallimard
- Le dossier secret de l'affaire Dreyfus, Pierre Gervais, Pauline Peretz, Pierre Stutin
- Mourir tendre, Guy Régis Jr
Lettres à Eugène, Hervé Guibert/Eugène Savitzkaya
Arnaud Genon, Hervé Guibert, le Lundi, 20 Mai 2013, Gallimard
Il y a toujours quelque chose d’émouvant à lire un livre que l’on sait être le dernier d’un écrivain. Depuis la mort d’Hervé Guibert, en décembre 1991, une dizaine d’inédits ont paru. Des romans, des recueils de textes courts, d’articles, des livres de photographies et le journal de l’auteur, Le Mausolée des amants. Mais cette correspondance constitue le dernier texte fantôme, renferme les derniers mots d’outre-tombe : « Avec ces Lettres à Eugène s’achève donc la publication des œuvres inédites posthumes d’Hervé Guibert, telle qu’il en avait fixé le plan, avant sa disparition » note l’éditeur de la présente édition. Guibert, ici, nous envoie ses dernières lettres.
Ces lettres, ce sont celles qui furent échangées entre Hervé et Eugène Savitzkaya. Tous deux firent partie des « jeunes écrivains de Minuit ». De la fin des années 70 jusqu’en 1982, ils contribuèrent à la Revue Minuit, d’abord dirigée par Tony Duvert puis par Mathieu Lindon. Dans l’avant-dernier numéro, figurait Une rencontre entre Eugène Savitzkaya et Hervé Guibert précédé d’une Lettre à un frère d’écriture. Ce frère, c’était Eugène, et Hervé lui écrivait :
Maisons perdues, Nathalie Heinich
Martine L. Petauton, Nathalie Heinich, le Lundi, 20 Mai 2013
La nostalgie… de nos vies, avant « l’âge certain » qui fait qu’on se retourne un brin… même si, « elle n’est plus ce qu’elle était », comme a dit la grande Signoret, ce doit être le sujet-cœur de X livres, grands et moins grands, sur le long chemin de la littérature. C’est aussi le refrain de ce petit livre… Sauf que, là, les souvenirs, les bouffées, les vents de chagrin, viennent de lieux particuliers : les maisons, et le ton, et les mots, et l’écho dans nos vies à nous, en ont, du coup, une étrange et un peu envoûtante musique.
L’auteur nous emmène sur un chemin – carte de France à l’appui – qui va, simple et logique, de sa plus ancienne maison d’enfance à la plus récente, croisée. La propriété n’étant pas, visiblement, pour elle, la valeur phare ; ce ne sont pas des lieux où elle a habité, jour après jour, mais des maisons (pas d’appartement) où elle a séjourné – des vacances, des congés, des « replis ». Ce n’est pas le mot « habiter », et sa connotation possessive, qui compte, c’est le mot « rencontrer », et sans doute « aimer ». On pourrait banalement dire : des lieux bâtis qui l’ont marquée et dont les habitants ont beaucoup compté pour elle et sa construction. « D’aucun visage humain, je n’ai une image aussi nette ; d’aucun visage humain, je n’ai à ce point la nostalgie », dit-elle de cette maison-ci, au Monteillet, en Haute-Loire.
Les Insoumis, tome 1, Alexandra Bracken
Virginie Neufville, Alexandra Bracken, le Lundi, 20 Mai 2013, La Martinière Jeunesse
« La première victime fut Grace Somerfield.
Du moins la première dans ma classe du cours moyen. Je suis sûre que des milliers de gamins, peut-être même des centaines de milliers, avaient déjà succombé. Les gens avaient mis longtemps à comprendre… ou bien s’étaient arrangés pour ne rien voir alors que les enfants mouraient depuis longtemps.
Quand la nouvelle des décès s’était finalement répandue, mon école avait formellement interdit aux enseignants et au personnel de parler devant nous de la “maladie d’Everhart”, ainsi nommée à cause de Michael Everhart, sa première victime connue. Bientôt, il avait été décidé de lui donner un véritable nom : neuro-dégénérescence idiopathique aiguë des adolescents… NIAA. Ensuite, ce ne fut plus seulement la maladie de Michael ».
American Gothic, Xavier Maumejean
Ivanne Rialland, Xavier Mauméjean, le Samedi, 18 Mai 2013, Alma Editeur
Au moment où la sortie du film Le Monde fantastique d’Oz rappelle aux Français l’existence du Lyman Frank Baum, dont le roman Le Magicien d’Oz a été rendu célèbre par l’adaptation de Victor Fleming en 1939, le roman de Xavier Mauméjean lui invente un rival, Daryl Leyland (1893-1953), à qui il attribue un recueil de poèmes, de contes et de légendes urbaines : Ma mère l’Oie. Ce recueil concentrerait l’essence de l’imaginaire américain, ce qu’exprime le titre American Gothic repris au tableau de Grant Wood dont les deux paysans à la mine sévère traduisent sa défense de l’Amérique rurale et de sa culture. Mais le livre de Xavier Mauméjean s’attache moins à Ma mère l’Oie, dont il invente cependant des extraits, qu’à la figure de Daryl Leyland, qui constitue le fil directeur d’un roman à la narration éclatée. American Gothic se donne comme l’œuvre du traducteur français de Ma mère l’Oie, qui reproduit les documents liés à une adaptation avortée de l’ouvrage par le producteur Jack L. Warner dans les années cinquante. À cette occasion, la Warner lance sur les traces de Leyland le scénariste Jack Sawyer, auteur d’un mémoire sur Leyland, chargé de vérifier que la biographie de Leyland n’expose pas le studio aux foudres de la sous-commission d’enquête au Sénat présidée par McCarthy. Le roman est ainsi composé pour l’essentiel des rapports de Jack Sawyer, mais aussi d’analyses de l’œuvre ou de la vie de Leyland par un universitaire, de différents témoignages, dont ceux des éditeurs de Leyland, d’extraits de Ma mère l’Oie et d’interventions du traducteur.
Les plages du silence, Serge Mestre
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