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La Grande Ourse

Le manteau réversible, Odile Barski

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 20 Février 2015. , dans La Grande Ourse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le manteau réversible, janvier 2015, 157 pages, 15 € . Ecrivain(s): Odile Barski Edition: La Grande Ourse

 

« Passé un certain point il n’est plus question de retour.

C’est ce point qu’il faut atteindre ».

Franz Kafka

 

Mme Louise Défoer claque la porte d’un jour à l’autre. Elle s’en va et donne tout. Elle quitte le domicile conjugal et vide ses armoires de fringues pour n’emporter avec elle qu’un « manteau réversible », démodé, défraîchi, aux couleurs délavées : elle a décidé de planter son amant et de laisser son mari sur le carreau, mais avant, elle prend un soin tout particulier pour débarrasser ses sapes qu’elle empile dans de grandes valises de luxe.

Un verre de pluie, Martine Rodmanski

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 31 Octobre 2014. , dans La Grande Ourse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Un verre de pluie, octobre 2014, 155 pages , 15 € . Ecrivain(s): Martine Rodmanski Edition: La Grande Ourse

 

 

Paris, de nos jours. Un couple, Claire et Marc. A l’aube de leur premier emménagement, un loft sans portes ni cloisons, lieu d’habitation et de travail ; reflet de leur symbiose, une proximité visuelle et verbale en continu ; puis, leur communion d’âme se dissout peu à peu, absorbée par l’écran de leur ordinateur. Le mouvement a cédé la place au statisme, la parole au silence, un moine trappiste n’y trouverait rien à redire.

« Marc n’éprouve plus le besoin de me maintenir dans son champ de vision et l’écran de son ordinateur suffit à éclairer son existence. Moi-même, je m’immerge dans Internet, et nos journées s’achèvent dans cette absence de relation, ce face-à-face avec un monde virtuel, ce silence qui n’est ponctué que de clics et autres effets sonores synthétiques ».

Peau vive, Gérald Tenenbaum

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 08 Octobre 2014. , dans La Grande Ourse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Peau vive, août 2014, 236 pages, 18 € . Ecrivain(s): Gérald Tenenbaum Edition: La Grande Ourse

 

« L’étranger, le pays étranger, donne souvent le sentiment de ne pas exister à part entière. Quand on n’est pas d’ici, on n’est pas tout à fait. Alors, on va sur les traces de ceux qui nous ont précédés, maisons, quartiers, ghettos ou lieux de culte, on cherche un passé ».

« Quand on vient d’un pays sans nom, indicible famille où seul le vent peut prendre la parole pour s’adresser aux murs, l’opacité est le premier refuge et l’incertitude, le dernier terreau ».

Ève est biochimiste à Paris.

Elle a une mère, une sœur et un père : Simone, Irène et Jean.

Si la « peau est la famille », pour Ève, le contact demeure un sens interdit :

Les Serrements d’amour, Richard Cannavo

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 28 Juin 2014. , dans La Grande Ourse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les Serrements d’amour, mars 2014, 288 p. 19 € . Ecrivain(s): Richard Cannavo Edition: La Grande Ourse

« Si nous ne nous voyons pas, si nous ne nous touchons pas, si nous sommes tristes l’un par l’autre, et sans doute aussi l’un pour l’autre, pense que je suis toujours auprès de toi, à chaque instant, et que je serai toujours là pour toi si tu as besoin de moi. Parfois je me demande ce qui restera de tout cela ? Ce qui restera de ces années de douceur, et de ces semaines d’enfer. De tendres souvenirs ? Une douce nostalgie ? Des relents d’amertume ? Ou des flambées de haine ? »

Lorenzo, héros de ce roman

 

Mathilde est photographe. La misère. Elle connaît. L’Afrique. Manille. Bucarest. Partout où elle est passée, elle a pu lire « la peur dans des regards traqués, et le flamboiement de la haine, et le dégoût. […] Elle avait vu des ruines ensevelies sous la poussière, des villes entières ravagées par les flammes ou les eaux, elle avait vu des spectres hurlant dans des décombres et des ombres d’humains errant sur des carrés de désolation. Elle avait vu des alignements de cercueils dans le soleil et des chapelles ardentes dressées sous les étoiles, elle avait côtoyé l’odeur douceâtre de la mort et respiré le parfum entêtant du malheur.

Quand on s’appelle Simone, Corinne Naa

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 21 Mars 2014. , dans La Grande Ourse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Quand on s’appelle Simone, février 2014, 192 pages, 17 € . Ecrivain(s): Corinne Naa Edition: La Grande Ourse

 

Toutes les familles possèdent leurs particularités, leurs habitudes, leurs loufoqueries et leurs secrets bien préservés. Pour Simone, la destinée semble s’être surpassée lorsqu’elle lui a offert en partage la famille Molière. Bien loin des planches et de la littérature, Simone grandit entre deux parents flics et une grand-mère singulière mais aimante, guérisseuse à ses heures.

Gino, le père, un géant roux collectionneur de couteaux et obsessionnel de la sécurité, a bien du mal à faire se côtoyer dans le même pavillon sa culturiste de femme Gisèle et sa forte tête de mère. Dans ce petit monde, les détails font tout et apportent une touche d’humour réussie au récit : les billets de banque mouillés de la grand-mère, les petits noms donnés aux objets par le père, l’odeur pestilentielle d’une maîtresse d’école peu portée sur l’hygiène corporelle… On s’attache aussi à cette petite qui avance comme elle peut dans la vie, pas douée pour grand-chose, sans réelle passion mais qui n’a pas sa langue dans sa poche.