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L'Olivier (Seuil)

Les Editions de l'Olivier, que caractérise leur sobre et élégante couverture noire et blanche marquée d'une silhouette d'olivier, sont fondées en 1991 par Olivier Cohen comme filiale des éditions du Seuil.

Dès le départ, le parti pris est de mettre l'accent sur la littérature anglo-saxonne, avec des auteurs tels que Raymond CarverJay Mc InerneyCormac McCarthy, Henry Roth, Hubert Selby Junior, Michael Ondaatje ou, parmi une plus jeune génération, Rick Moodyou Jonathan Franzen.

 


Les madones d'Echo Park, Brando Skyhorse

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 27 Mars 2011. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA

Les Madones d'Echo Park, roman, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Adèle Carasso, Éditions de l'Olivier, 2011. 297 p. 22€ . Ecrivain(s): Brando Skyhorse Edition: L'Olivier (Seuil)

Vous est-il arrivé, dès les premières lignes d’un livre, d’entendre, au sens physique du terme, une musique obsédante ? Avec Les Madones d’Echo Park, c’est la slide guitar de Ry Cooder qui ne vous quitte pas ! Un lieu revient, dans toutes les voix qui constituent cette œuvre, Chavez Ravine. Un immense quartier chicano de Los Angeles où s’entassaient les laissés pour compte du rêve américain et qui, pour les besoins de la construction d’un grand stade de base-ball (Dodger Stadium), a été rasé en 1960 et les « wetbacks » (dos mouillés parce qu’ils passaient à la nage le Rio Grande !) ont été chassés, éparpillés dans des taudis encore plus ignobles parce que sans âme. Et le grand Ry en a fait un album il y a 4 ou 5 ans : entre blues et texmex.  Il se rappelle : «Je fuguais en bus jusqu'aux barrios, ces bas quartiers basanés et réputés dangereux d'où émanaient de jour comme de nuit des rythmes cuivrés et joyeux, parfois terriblement nostalgiques, mais toujours épicés.» C’est là que se glisse la chanson obsessionnelle de ce récit polyphonique. Presque des nouvelles pour tout lecteur inattentif. En fait un récit unique « slidé » par des doigts, des corps, des âmes, des douleurs différentes. Le chicano brisé, nulle part chez lui, en quête d’une identité chimérique, sans cesse menacé d’être chassé de L.A. à l’autre côté de la frontière mexicaine. C’est-à-dire nulle part. Nulle part chez lui. Ni d’un côté ni de l’autre. 

Les Vitamines du Bonheur, Raymond Carver

Ecrit par Didier Bazy , le Samedi, 05 Mars 2011. , dans L'Olivier (Seuil), Recensions, USA

Les vitamines du bonheur. Traduit de l'anglais (US) par Simone Hilling. 2010. 255 p. 15€ . Ecrivain(s): Raymond Carver Edition: L'Olivier (Seuil)

Soit le tome 4 des œuvres complètes de Carver. Le recueil original de ces nouvelles avait pour titre : la cathédrale.

Ici, elle a été placée à la fin. Comme un hommage ou un clin d'œil. Est-ce parce que la cathédrale recèle les vitamines disjonctives du bonheur ? Cathédrale est un trésor, un monument de simplicité et de rapidité, d'efficacité et d'humour, le tout en quelques pages. L'art du bref. Quelques lignes pour un couple. Le couple  impossible, le couple au rendement incommunicable, le couple bien actuel, et pour longtemps. Ce couple n'en est pas à son galop d'essai. Pas un vieux couple pour autant. Enfin, peu de temps suffit à faire un vieux couple, un vrai couple, très duel, très disjonctif, bien vu par ses parties masculines : le narrateur. Il est campé. Il a des positions, des postures. Elle, est un peu plus floue, floutée par la narration et la distance de l'observation. Lui raconte. Il voit débouler un aveugle fraichement veuf dans son couple. Le point aveugle va déterminer la perspective. Le veuf, aveugle qui ne cache pas ses yeux et ne mâche pas ses mots, a du doigté : il a tripoté le visage de la femme quelques années plus tôt.