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Hommage à Baudelaire XV - Charles, par Céline Dalmasso

09.05.17 dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

Hommage à Baudelaire XV - Charles, par Céline Dalmasso

 

J’ai distillé ton absinthe dans mon encrier

Qui exhale désormais, quelques vers acides,

Vitriolés, interdits, propos tenus secrets

Par les poètes Maudits, ceux que personne ne bride.

 

De te rencontrer, tout mon être l’a fantasmé.

Du plus profond de mes entrailles alcoolisées et putrides,

Orpheline du Prince de mes songes, triste à crever,

Je m’enivre de tes œuvres, engouffrée dans un cauchemar perfide.

Eloigné de moi, tu m’as tout appris :

Le désir, la fougue, le sexe débridé

Auxquels l’on s’adonne lorsque nous ronge l’envie,

Ce désir si profond, si viscéral, bien ancré.

 

De t’incarner, j’en ai rêvé et depuis…

Oh Charles ! Que j’aimerais t’aimer !

Te donner ce plaisir de la chair si impoli,

Te faire jouir au rythme de mes sonnets.

 

Tu es mon Maître à penser, mon mentor, mon fiel,

Celui que j’ai connu dans mes plus extrêmes lascivetés,

Lorsque je me laissais aller dans tes Paradis Artificiels

Et que je me perdais moi-même, égarée…

 

Je suis cette « femme lubrique », « charogne infâme », suant…

… ton essence ; j’observe ton Albatros, voyageur si « comique et laid »

Qui hurle l’absurdité du « cri du sentiment »

Mais L’Horloge tique et taque sur mon crâne décharné.

 

Charles tu m’as ensorcelée, emprisonnée, tortionnaire de mon extase !

A tes pieds je ne peux que me prosterner.

De mes pêchés ton Spleen a fait table rase

Et je demeure dans l’attente de cet Idéal tant convoité.

 

Céline Dalmasso

 


L’Albatros, Charles Baudelaire

 

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées 
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

CB. Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal

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