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Éphémérides créatives : Virginia Woolf, Pierre Boulle (par Jean-Marc Dupont)

Ecrit par Jean-Marc Dupont le 20.03.19 dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Éphémérides créatives : Virginia Woolf, Pierre Boulle (par Jean-Marc Dupont)

Virginia Woolf :

« C’est écrire qui est le véritable plaisir ; être lu n’est qu’un plaisir superficiel ».

« La vérité ne peut être atteinte qu’en rassemblant une grande variété d’erreurs ».

 

Le 25 janvier 1882, naissance de la femme de lettres anglaise Virginia Woolf (morte le 28 mars 1941)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Woolf

Linda Anderson explique ici [L1] que « si vous lisez les cahiers publiés d’écrivains célèbres, vous constaterez qu’ils les utilisent souvent comme l’endroit où ils ‘se détendent’ pour écrire et où ils réfléchissent sur leur processus créatif. Par exemple, Virginia Woolf a souvent réfléchi à son processus d’écriture dans son journal. Parce que le journal ne ‘compte pas comme écrit’, elle a pu l’écrire dans un ‘galop rapide au hasard’. Elle a trouvé que ce genre d’écriture non préméditée et occasionnelle donnait souvent de bons ‘accidents’ et de précieuses découvertes » et de citer un fragment de ses notes (20 janvier 1919) :

« L’avantage de cette méthode, c’est de rassembler au hasard bon nombre de sujets épars que j’aurais jetés si j’y avais réfléchi, mais qui sont le diamant de ce tas de poussière ».

Howard Gardner expose ici [L2] différents types possibles d’êtres d’exception en s’appuyant sur des cas de personnalités réelles, parmi elles, Virginia Woolf qui « représente manifestement le type de l’Introspectif parmi nos créateurs : elle est celle qui tourne son regard vers l’intérieur, cherchant à comprendre l’individu, la femme, l’être humain qu’elle est ».

Et de rappeler plus loin : « Après sa période d’apprentissage, Woolf en vint progressivement à penser que l’écrivain ne devait jamais cesser d’expérimenter […] Elle pensait qu’un écrivain devait se tenir à sa table de travail tout le temps, qu’il devait continuellement créer de nouvelles œuvres, repoussant toujours plus loin les limites, notamment en ce qui concerne la forme. La littérature était perpétuellement au centre de ses réflexions. […] Elle savait relire et évaluer ses expériences ».

« Si je ne suis pas moi-même, je ne suis personne », Virginia Woolf

 

[L1] Creative Writing : A Workbook with Readings, edited by Linda Anderson :

https://www.routledge.com/Creative-Writing-A-Workbook-with-Readings/Anderson/p/book/9780415372435

[2] Les Personnalités exceptionnelles : Mozart, Freud, Gandhi et les autres, par Howard Gardner :

http://www.odilejacob.fr/catalogue/psychologie/psychologie-generale/personnalites-exceptionnelles_9782738107039.php

 

Pierre Boulle :


« Quel sort est plus pitoyable que la vie dans une cage ? » [L2].

« La science progresse, à petits pas, avec des essais audacieux, suivis de corrections ».

 

Le 30 janvier 1994, disparition de l’écrivain français Pierre Boulle (né le 20 février 1912)

Il est l’auteur du Pont de la rivière Kwaï [L1] (1952) et de La Planète des singes [L2] (1963)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Boulle

A partir du dossier génétique de La Planète des singes, Simon Bréan [A1] expose le processus créatif de son auteur pour en arriver à la version définitive, ainsi il rapporte les propos de l’auteur lui-même :

« D’abord, il me faut une idée générale, un thème, presque toujours abstrait, et qu’il me paraît possible d’illustrer par des aventures. Je commence par écrire, à la plume, une sorte d’ébauche ? brouillon ? esquisse, cadre ? – sans autre soin que la signification ; le plus vite possible, pour parvenir à la conclusion que j’ai en vue et qui doit illustrer le thème – très mal écrit, des renvois, des notes griffonnées en marge ; quand un passage me gêne, je le saute. Ce premier jet terminé, je prends ma machine à écrire et je commence à le taper. C’est pour moi indispensable. Cela m’oblige à me calmer, à progresser plus lentement et à faire déjà beaucoup de corrections. Ensuite, je commence à travailler sur ce manuscrit et à le corriger à la plume. Il en résulte un nouveau brouillon rempli de ratures, d’altérations… que je suis obligé de retaper pour le rendre à peu près lisible… D’où un nouveau texte, sur lequel je travaille encore… jusqu’à ce que la dernière version me paraisse satisfaisante » [A2].

Et de conclure [A1] : « En nous montrant les étapes menant à l’équilibre qui est celui de l’œuvre achevée, le travail sur les manuscrits suggère bien sûr de nombreuses pistes, des possibilités narratives refusées, ou laissées en friche, par un Pierre Boulle soucieux de maîtriser au maximum la signification et les perspectives établies par son roman, même si l’exemple de La Planète des hommes montre à quel point ce sens ne peut qu’échapper, une fois le récit achevé ».

« Je n’ai, confie Pierre Boulle, rien fait d’autre qu’écrire depuis » [D1]

 

Jean-Marc Dupont

 

[L1] Le Pont de la rivière Kwaï, Pierre Boulle :

http://www.julliard.fr/site/le_pont_de_la_riviere_kwai_&100&9782260019176.html

[L2] La planète des singes, Pierre Boulle :

https://www.pocket.fr/tous-nos-livres/romans/romans-francais/la_planete_des_singes-9782266118286-2/

[A1] De « la planète mystérieuse » à La Planète des singes : une étude des manuscrits de Pierre Boulle, Simon Bréan :

https://resf.revues.org/698

L’auteur rappelle que « le dernier vers du Voyage de Baudelaire apparaît en épigraphe du premier manuscrit, autographe, de ce qui ne portait pas tout à fait le nom de La Planète des singes : Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau ».

[A2] Pierre Boulle : au-delà du « Pont »… loin « des singes », Jean-Pierre Tusseau (Nuit blanche, magazine littéraire, n°55, 1994, p.10-16.) :

http://www.erudit.org/culture/nb1073421/nb1117118/19580ac.html

[D1] Le livret de présentation de l’association des Amis de l’œuvre de Pierre Boulle :

http://www.pierreboulle.fr/images/Pdf/livret_pboulle.pdf

 

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A propos du rédacteur

Jean-Marc Dupont

 

Jean-Marc Dupont est né en 1968