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Zoe

Les Éditions Zoé sont créées en 1975 par Michèle Zurcher, Arlette Avidor, Sabina Engel et Marlyse Pietri à Carouge (canton de Genève). En 1982, Marlyse Pietri se retrouve seule et jusqu'en février 2011, les Éditions Zoé seront dirigées par elle. En 1982, les Éditions Zoé signent un contrat de diffusion en France avec Harmonia Mundi. Les Éditions Zoé font paraître des romans et des récits d’écrivains de Suisse romande, de France, de Suisse allemande, d’Afrique et d’Asie. Elles recherchent des auteurs qui révèlent une attitude radicale envers l’écriture et savent créer un univers littéraire. Elles ont aussi à leur catalogue des livres de poches et une collection de petits livres au format de cartes postales (79 titres pour connaître la littérature suisse).

Le thé des trois vieilles dames, Friedrich Glauser

Ecrit par Stéphane Bret , le Lundi, 28 Janvier 2013. , dans Zoe, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Le thé des trois vieilles dames, octobre 2012, 256 pages . Ecrivain(s): Friedrich Glauser Edition: Zoe

 

A Genève, dans les années vingt, un homme est retrouvé mort, Place du Molard, dans un parc public ; l’autopsie révèle qu’il a été empoisonné. A l’autre bout de la ville, le cadavre d’un pharmacien, trafiquant de drogue à ses heures perdues, est découvert. L’empoisonnement est diagnostiqué également. Un professeur, morphinomane, du nom de Louis Dominicé, les connaît tous les deux. Cet homme s’est occupé naguère de sciences occultes. Pour corser l’énigme il a été trouvé chez le pharmacien une description d’une recette de pommade de sorcières, ainsi qu’une médaille indiquant la présence à Genève d’une secte gnostique. L’un des personnages établit une liaison entre la secte et l’empoisonnement : « Les maladies mentales sont un empoisonnement doublé d’une possession. Telle est, vous le savez, la théorie du professeur. Eh bien, vous avez les poisons et vous avez la secte ».

On le voit, l’intrigue choisie par Friedrich Glauser emporte le lecteur vers des mondes divers : c’est l’occasion pour ce dernier, de décrire la Genève des années vingt, truffée d’espions de toutes nationalités. On y repère Natacha, jeune russe amoureuse de Wladimir Rosenstock, espion soviétique. Baranoff, membre de la troisième Internationale, est au service de la cause révolutionnaire bolchévique.

39 rue de Berne, Max Lobe

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 25 Janvier 2013. , dans Zoe, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

39 rue de Berne, janvier 2013, 192 p. 18 € . Ecrivain(s): Max Lobe Edition: Zoe

 

Genève, prison de Champ-Dollon, année 2012. Un jeune Camerounais, Dipita, seul, entre les quatre murs de sa cellule, contemple. Il pense, il réfléchit, il se remémore. Faiblesse, anéantissement et tristesse sont au rendez-vous. « Je me suis réveillé tôt-tôt ce matin, pour regarder le lever du soleil comme le faisait mon oncle des années auparavant. Je pleure comme mon oncle ne le voudrait pas. Contrairement à ce qu’il aurait souhaité, je suis devenu comme ça, comme ces Blancs-là dont il me parlait ».

Audience est donnée à ses souvenirs. Oppressants, crus, sans concession. Avant son incarcération à Champ-Dollon, une autre prison, celle d’une existence partagée avec sa mère, Mbila. Un trois pièces, au 39 rue de Berne, quartier des Pâquis. Les rêves de sa mère sont venus s’y échouer, elle avait seize ans. Un passeport falsifié, les dernières économies de son oncle, un réseau de passeurs, appelé les «Philanthropes-Bienfaiteurs» et le tour de passe-passe est joué : changement de continent, changement de pays, changement d’existence. Adieu les beignets de bananes, adieu la liberté, adieu les rêves et bonjour à une nouvelle vie, pitoyable et impitoyable, celle des clients sans nom, des instants à oublier, « vite-vite ». Les paroles rassurantes de Démoney, un peu son oncle, un peu son père, s’étaient envolées à son arrivée dans sa terre d’accueil :

Lettres de 1897 à 1949, Robert Walser

Ecrit par Olivier Bleuez , le Jeudi, 03 Janvier 2013. , dans Zoe, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Correspondance

Lettres de 1897 à 1949, (lettres choisies et présentées par Marion Graf et Peter Utz) trad. Allemand Marion Graf. 28 € . Ecrivain(s): Robert Walser Edition: Zoe

 

Robert Walser fait partie des écrivains qui ont, à un moment de leur vie, décidé de cesser de publier. Et ce que Robert Walser a publié avant 1933, date à laquelle il s’est à peu près retiré du monde littéraire, est simplement puissant. Romans, poèmes, feuilletons et surtout « proses courtes » avec ce mélange brillant d’originalité dans la langue et de naïveté qui se densifie subtilement, cristallise et donne une beauté extraordinaire. On en trouve de sublimes traces dans ces lettres ; par exemple dans la lettre 25, adressée au poète Christian Morgenstern :

« Comme si, lorsqu’on travaille, la vie et l’art ne se tenaient pas perfidement ensemble aux aguets, comme sur la pointe d’une aiguille ».

Un choix a été fait dans la correspondance disponible. Les six parties du livre résument géographiquement la vie de Robert Walser et chaque partie commence par un texte de Marion Graf permettant une compréhension détaillée des différentes lettres.

Chroniques de l'occident nomade, Aude Seigne

Ecrit par Lionel Bedin , le Mercredi, 15 Février 2012. , dans Zoe, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Chroniques de l’Occident nomade, octobre 2011, 144 p., 16 € . Ecrivain(s): Aude Seigne Edition: Zoe

Un jour, devant « la mer scintillante comme un désert bleu », c’est la révélation. « Le désert de glace aveugle et défile alors que le ciel est d’un bleu pâle infini. J’ai quinze ans mais je ne me suis jamais réveillée sur un tel panorama et des milliers de générations d’humains ont dû le faire tous les jours avant moi. Quelque chose craque en moi ce jour-là, une paroi se rompt sans crier gare, la possibilité de l’abîme se dévoile en même temps que celle du bonheur absolu ». Reprenant les réflexions de Nicolas Bouvier, Aude Seigne découvre que l’état nomade a quelque chose à lui apprendre. « On ne sait pas très bien pour quoi on s’embarque quand on commence à voyager, mais comme dans un roman, tout est déjà là dès l’incipit ». Alors Aude Seigne est partie. Ce livre est une pause dans l’errance de cette jeune « bourlingueuse du XXIe siècle », un moment d’écriture, un point sur elle-même, avant d’autres probables départs.

Pour la voyageuse, le voyage permet toujours de se découvrir soi-même – même si l’on pense se connaître, « il y a des moments où je ne sais plus très bien d’où viennent certains confins de moi-même » – et permet de vérifier que voyage et amours sont étroitement liés. « Comment aller à la rencontre de l’autre ? C’est la question de l’amour, de l’amitié, c’est aussi la question des voyages ».