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Editions Léo Scheer

Les Éditions Léo Scheer sont une maison d'édition française créée à Paris en janvier 2000 par Léo Scheer. Elle se spécialise dans la publications de livres de littérature, de sciences humains, de photographie, publiant également La Revue littéraire.

Un temps associées aux Éditions Farrago, Lignes et Manifeste, Al Dante et Via Valeriano dans le cadre d'une société de diffusion nommée La Fédération diffusion, les Éditions Léo Scheer se concentrent à présent essentiellement sur deux collections : « Laureli » et « Melville ».

Le catalogue de la maison compte (en 2010) environ 750 titres, et une trentaine de volumes sont publiés par année.

Les Éditions Léo Scheer sont diffusées en librairies par le Groupe Flammarion et distribuées par UD-Union distribution.

 

Laisser les cendres s’envoler, Nathalie Rheims

Ecrit par Stéphane Bret , le Lundi, 10 Décembre 2012. , dans Editions Léo Scheer, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Récits

Editions Léo Scheer, août 2012, 256 pages, 19 € . Ecrivain(s): Nathalie Rheims Edition: Editions Léo Scheer

 

Comment amortir le choc consécutif au départ d’une mère du foyer familial lorsque l’on est âgée de 13 ans, et que l’on appartient à l’une des familles les plus prestigieuses d’Europe, les Rothschild, dont on découvre sans peine l’identité dans le récit de Nathalie Rheims, Laisser les cendres s’envoler, sans qu’elle mentionne leur nom dans l’ouvrage.

Le titre aurait pu être libellé à l’impératif, c’est l’infinitif du verbe qui est retenu, pour une raison simple : ce travail de deuil de la disparition de sa mère a été long, douloureux, source de recherches sur sa famille, sur les pratiques de cette dernière, sur ses ascendants. Il s’impose comme un constat à la fin du livre, et non comme un impératif.

Ainsi, Nathalie Rheims nous suggère-t-elle que sa mère, enfant elle-même issue du remariage de son grand-père, aurait été fragilisée dans l’atteinte de son propre équilibre affectif. Ce dernier, sa mère semble l’atteindre en tombant amoureuse d’un peintre prétendument avant-gardiste dont Nathalie Rheims tourne en dérision les prétentions, l’arrogance intellectuelle, et surtout la place qu’il prend dans la vie de sa mère, excessive à ses yeux, car provoquant son exclusion affective de la famille.

Ne pleure pas, on se reverra, Géraldine Barbe

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mardi, 16 Octobre 2012. , dans Editions Léo Scheer, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Ne pleure pas, on se reverra, 10 octobre 2012, 150 p. 15 € . Ecrivain(s): Géraldine Barbe Edition: Editions Léo Scheer

 

« Elle a dit :

– Ne pleure pas ma petite sœur, on se reverra.

Et elle m’a serrée très fort et très gentiment dans ses bras. C’est drôle qu’elle ait dit ça parce que bien sûr on se serait revues si elle n’était pas morte mais elle est morte vingt jours après et on ne s’est pas revues » (page 65).

 

Marianne, aînée d’une fratrie de trois sœurs, meurt une nuit. La narratrice, benjamine de la famille, revient sur leur relation. Car Marianne a occupé longtemps la place du bourreau, et la narratrice, bénéficiant parfois de la protection du « bouclier » (la sœur du milieu) s’est retrouvée bien malgré elle dans le rôle de la victime.

Syndrome de Stockholm ou configuration familiale finalement classique ? A la mort de Marianne, la narratrice cherche dans le passé toutes les excuses au comportement de son aînée.

L'orchestre vide, Claire Berest

Ecrit par Sophie Adriansen , le Jeudi, 03 Mai 2012. , dans Editions Léo Scheer, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

L’orchestre vide, janvier 2012, 170 p. 17 € . Ecrivain(s): Claire Berest Edition: Editions Léo Scheer

« Il m’avait rencontrée, et nous sentions tous les deux que cela était irrémédiable » (page 28).

Au hasard d’un festival, Alma fait la connaissance de John, leader d’un groupe de rock. Il lui demande de le suivre et, sans trop savoir pourquoi, comme par défaut – ou défi ? – elle accepte. Cela implique de s’envoler pour l’autre côté de l’Atlantique, et de vivre par, pour, dans la musique.

« La musique devint les jours, la conversation, le repos, l’angoisse » (page 82).

Vivre sur la route, aussi. Car après le studio, la vie se résume à la tournée. Et le confinement, la proximité extrême se meut en road-trip, transit permanent.

« La route est belle, mais le fait de n’habiter nulle part pose la question de l’existence elle-même » (page 140).

Et puis Alma sort de l’ombre : « Alma, je veux ta voix sur l’album […] je veux ta voix française et bizarre, je veux ta voix qui ne sait pas chanter. Et je ne te laisse pas le choix » (page 97). La suite est attendue : John veut qu’Alma l’accompagne sur scène. Et soudain, l’amour, l’aimant change de nature. La scène est un catalyseur, qui propulse les amants dans une inédite solitude sous les feux des projecteurs.

Peeping Tom, Alessandro Mercuri

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 10 Mars 2012. , dans Editions Léo Scheer, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Récits

Peeping Tom, Editions Léo Scheer, 2011, 186 pages, 18 € . Ecrivain(s): Alessandro Mercuri Edition: Editions Léo Scheer

Peeping Tom. Le voyeur en français. Comme le film de Michael Powell dans lequel un caméraman-tueur filmait les derniers instants de ses victimes, avant de les tuer. Le père de tous les snuffmovies.

Voilà un ouvrage étrange. Etrange n’est peut-être pas le mot qui convient le mieux, mais le premier qui vient à l’esprit quand on se retrouve devant ce livre qui ne ressemble à nul autre.

Les deux phrases en exergue donnent le ton.


« Créature mortelle et fugace, l’homme ne pouvant être voyant, doit être voyeur ». (Polyphème de Sicile, Mensonge et persuasion, VIe siècle, av. J.-C.).


“One of the great things about books is sometimes there are some fantastic pictures » (George W. Bush, 2000 ap. J.-C.).

Un certain Pétrovitch, Fabrice Lardreau

Ecrit par Sophie Adriansen , le Jeudi, 20 Octobre 2011. , dans Editions Léo Scheer, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Un certain Pétrovitch, Editions Léo Scheer, 31 août 2011, 240 p. 18 € . Ecrivain(s): Fabrice Lardreau Edition: Editions Léo Scheer

Patrick Platon Pétrovitch est un antihéros dans toute sa splendeur. Chef comptable au physique passe-partout, il n’est guère estimé dans l’entreprise qui l’emploie (dans laquelle règne le fameux principe d’incompétence défini par Peter et rappelé par Pétrovitch-Lardreau (page 217) : Avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en occuper la responsabilité.) – pas plus que dans la vie en général : même le serveur du resto voisin n’a aucune considération pour lui.

Et tout le monde ignore que, la nuit, Pétrovitch enfile le costume de l’homme-araignée et s’apprête à sauver la planète, puisqu’en apparence, sa vie peut se résumer à métro, boulot, dodo – à ce détail près que le métro est ici un RER, le B, bientôt théâtre de l’acte héroïque qui concourra à faire la renommée de Pétrovitch.

« Dans trois minutes, l’écran bleu clignotera, affichant “train à l’approche”. Je monterai à 7h46 dans l’avant-dernière rame, située juste en face des escalators (j’aime figurer en pole position), et voyagerai à travers la banlieue parisienne.

Compagnie : Régie autonome des transports parisiens.

Destination : Gare du Nord.

Durée estimée du trajet : vingt-deux minutes.