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Ecriture

Le Dieu de la Foudre

Ecrit par Jules Huchin , le Lundi, 24 Octobre 2011. , dans Ecriture, Nouvelles, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

Dans plusieurs histoires des religions de la fin du dix-neuvième siècle, il est fait mention d’un peuple adorant la foudre. Le nom de ce peuple ne nous est pas parvenu ; pas même le nom de son dieu. Certains affirment que c’est Phulg, et que fulgur en est issu ; deux auteurs, Démichas et Bartouas, s’accordent sur Foldur, mais l’ouvrage du second ne semble qu’un plagiat du premier, qui ne cite pas ses sources. Tout semble débuter chez Vaniol, dans son Histoire des cultes envisagés à la lumière du Christianisme, publié chez Chamuel en 1865 ; il dit tirer son information d’un opuscule chrétien d’un pseudo Jean Damascène, fausse suite du De fide orthodoxa qui résume certaines hérésies pour mieux les combattre. La côte du volume qu’il cite est signalée comme absente de la bibliothèque de l’Arsenal ; malgré nos recherches, nous n’avons pu retrouver d’autres exemplaires de ce texte. Pour Vaniol, le dieu de la foudre est Afagor ; on peut s’accorder sur un nom en f-, onomatopée (?) de la foudre ou du vent.

Afagor, Foldur ou Phulg se manifeste sous plusieurs formes. Pour ce peuple que Vaniol place au début de notre ère, les différents sens humains sont strictement redondants : le son que fait un objet est cet objet, autant que son image visuelle, son odeur, son goût ou la sensation qu’il laisse sur la peau. Afagor est adoré d’abord par sa capacité à se dédoubler, à exister simultanément à plusieurs moments du temps sous des formes différentes.

Carnets d'un fou - XII

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 21 Octobre 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

Michel HOST

Le 16 octobre 2011


Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité


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Un homme aimable est un homme aux idées malsaines.

Swift, Pensées sur divers sujets…


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Sous la coupole spleenétique du ciel (11)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 19 Octobre 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

Work in progress

 

Autre chose. J’aurais voulu que ce fût autre chose. Quelque chose de plus ample. De plus condensé. Du pulsar peut-être. De la. Super novae.

De la fibre du muscle du tendon. Du boyau de la tripe des entrailles. Du nerf de la peau de la couenne.

De cette corde qui fendille les chairs lorsqu’on grimpe, et qui s’accorde en vibrant avec les autres cordes.

La nuit n’est pas un berceau de flammes.

Les corps ne sont pas des tertres tranquilles.

Et ce premier amour, si loin, si fier. J’aurais voulu, qu’il soit. Comme :

autre chose...


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Suites à Miami (2)

Ecrit par Jean-François Chénin , le Mardi, 18 Octobre 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

5.    A Miami, leurs silhouettes restent. Ils ont disparu, portés absents, nonchalamment appuyés au bord de leur défaite, résolus. Sourient-ils encore ? Ils nous regardaient. En arrière fond, la vie qui était devant eux. Et ce qui reste des rêves démembrés, au fond du corps qui plie, qui n'en peut plus, mis à l'écart, est un reste d'illusion. Ils n'avaient d'autre choix que de suivre leur déhanchement, dérisoire et  mécanique (CubaOcho Center, février 2011).


6.    A Miami, qui peut se permettre d'avoir deux orgasmes par jour, voire trois ?


7.    De Miami à Palm Beach, il y a des années-lumière de mondes dissociés, adjacents, des mondes en creux, décidément cachés, dont on suppose l'existence sans les voir, qui font flash parfois dans les sourires de vieilles soupirantes, insatiables et fatiguées, à l'écart des rencontres qu'elles n'ont pas faites ou qu'elles n'ont pas voulues faire, tellement en arrière, tellement en arrêt. Elles dodelinent, fascinantes mystérieuses à l'abri dans les allées vides de leur jardin désert. Et si elles sortent, c'est pour se rejoindre en bande sous les mousselines qu'elles porteront encore le jour de leur disparition. Qui n'alertera personne.

L'Arbre aux secrets 11 (chap. XII & Fin)

Ecrit par Ivanne Rialland , le Lundi, 17 Octobre 2011. , dans Ecriture, Nouvelles, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

Fin

Rose bat des paupières, regarde autour d’elle, hébétée. Une silhouette blanche à ses côtés s’évanouit dans les airs, avec des nattes brunes, des larmes séchées sur les joues. Rose aussi a pleuré. Elle descend à pas lourds l’escalier.

Elle jette un coup d’œil dans la chambre de sa mère : personne. Elle entend un bruit, en bas : elle descend au salon. Sa mère, une blouse blanche nouée autour de la taille, est debout devant sa table à dessin, une ride profonde barrant son front, un pinceau à la main, de l’encre plein les doigts.

À terre, tout autour d’elle, des feuilles de papier. Une ronde, un arbre grimaçant dans lequel un enfant tombe à la renverse, une petite fille la main sur la bouche, les yeux écarquillés. Partout le même dessin à l’encre, dix, vingt fois répété. Sa mère qui le peint, encore et encore, très vite, à l’encre. Puis le rythme se ralentit. Le pinceau s’attarde sur un détail, un visage, une bouche d’enfant, une branche d’arbre. Il ajoute une ombre, une indication de mouvement… Le décor soudain change : c’est toute la forêt, un renard à la langue pendante à moitié caché derrière un buisson, puis une page d’herbier, avec dans le coin haut de la feuille un château. C’est ensuite une maison tranquille en lisière d’une forêt, un homme jeune encore courbé sur une canne.