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Ecriture

Les jours s'allongent ...

, le Jeudi, 12 Janvier 2012. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED





 

Les jours s’allongent un à un et peu à peu

La nuit s’enfuit. La nuit, la noire, la parfaite.

Va mourir, va, va-t’en, fais de la vie un jeu

Où les enfants d’hier te mangent sur la tête.

Sous la coupole spleenétique du ciel (23)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 11 Janvier 2012. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

 

Par sa gestuelle le conteur offre ce qu’il ne sait conter, c’est-à-dire toutes les formes sourdes à la prononciation.

Je ne sais pourquoi je l’ai suivie / je ne saurais dire si c’était un tangage, un parfum, l’intonation d’un souffle / peut-être le crépitement des talons sur le trottoir / ce déhanchement de silhouette / cette pénétration dans l’air / je l’ai suivie /

à la porte de son immeuble / comme se tournant sur elle-même / « voulez-vous me suivre encore ? » /

j’ai répondu comme un silence / synapses / interrompus ? /

« c’est ce que j’aime » / dit-elle / « dire tant de choses en se taisant. »

Décortiquant ses mythes le conteur mitonne un repas / pour la pitance des mots.


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Poème, Jérôme Pergolesi

Ecrit par Jérôme Pergolesi , le Samedi, 07 Janvier 2012. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

 

L’aube s’émiette sur la terrasse

en pente le café n’est pas bon mais

il me sourit le reflet dans le bol

jaune qui cherche encore et sort

de l’espace entre mes mains

le parfum qui te suit

Sous la coupole spleenétique du ciel (22)

Ecrit par Daniel Leduc , le Mercredi, 04 Janvier 2012. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED


Ne serait-ce pas le timbre, qui colle à la voix ? Qui l’envoie heurter, avec adresse, le mur du soi ? Cette texture sonore - harmoniques et partiels - ce vibrato dont l’intensité fluctue, selon l’air et le temps ?

Je ne chanterai plus les ombres sur la colline,

ni le bouvreuil sur la meule de foin,

ni la plainte des poutres le soir avant l’hiver,

ni les noix qui tombent comme des pas sur la bourbe,

ni l’odeur du bétail qui beugle comme une tornade ;

je ne chanterai plus les venelles de la ville,

ni le sang des pavés de ces anciennes révoltes,

ni les petites échoppes où rouille tout un passé,

ni le square aux arbustes feuillus de cris d’enfance,

ni la fontaine dans la rue des ormeaux,

L'Arabe et le vaste pays de Ô (chapitre 2)

Ecrit par Kamel Daoud , le Lundi, 02 Janvier 2012. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED, Maghreb, Bonnes feuilles

DEUX.


Deux façons de continuer cette histoire : ne rien dire et attendre que Vendredi crève d’immobilité après avoir mangé tous les oiseaux et tout le gibier de l’île, en l’imaginant se masturber comme un fou pour tenter de féconder les arbres ou les pierres et survivre à l’extinction de son ravissant prénom extrait d’une planète très proche du soleil comme son continent ; ou m’écouter, moi, vous raconter l’explication de son cas au XXIe siècle parce que ce Vendredi, c’est moi, même si je suis Arabe et que les îles ne sont plus que des intentions, des heures d’isolement accidentel, des ruelles dans certaines grosses villes, un fantasme d’homme blanc ou tout simplement une façon d’illustrer l’impossibilité de fuir sa condition.


Il reste qu’à vos yeux, un Arabe ne ressemble pas tout à fait à Vendredi : un Arabe n’aime pas la nudité, en veut presque à son corps et encore plus au corps de la femme, un Arabe peut occuper sa vie avec des prières et des ablutions et ne se promène jamais sans son Dieu juché sur son dos, qui lui répète qu’il est son préféré et que le meilleur moyen de répandre la vérité est de la jeter au visage des autres comme une aveuglante poignée de sable.