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Aharon Appelfeld à Montpellier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 23 Juin 2011. , dans Documents, Les Dossiers, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED, Bassin méditerranéen

Aharon Appelfeld, Valérie Zenatti à Montpellier. 22 juin 2011

Tout au long de l'année, les «  Rencontres de la médiathèque centrale  Emile Zola » à Montpellier rappellent, s'il en était besoin, qu'on est là dans une des villes les mieux servies de France, pour la culture. En partenariat avec la mythique librairie Sauramps, et, ici le CCCJ, ces rencontres : «  Au café des lettres » n'ont rien de poussiéreuses conférences «  universitantes » ; on a du vivant, du culturel de haut niveau sans une once de pédanterie, du bonheur ! Comme ce soir !

Aharon Appelfeld - pas moins  - et sa traductrice - complice et romancière, Valérie Zenatti, nous ont fait entrer en fanfare dans l'été ; hier, on fêtait la musique, et ce soir, la littérature.

Deux livres étaient à l'honneur : « le garçon qui voulait dormir » d'Appelfeld et « mensonges » de Zenatti (tous les deux ayant été recensés dans « la cause littéraire ») ;  publiés chez le Seuil – l’Olivier, dynamique et talentueuse maison d'édition, faut-il le rappeler...

L'amphithéâtre de Zola, reine méritée des médiathèques, est comble : public connaisseur, à l'évidence, élégant dans l'écoute, ravi de rencontrer «  son » Appelfeld ; public aussi de curieux, amateurs de découvertes, prêts à l'enthousiasme - j'en fais assurément partie -

L'eau douce (extrait), Thierry Maré

Ecrit par Didier Bazy , le Jeudi, 26 Mai 2011. , dans Documents, Les Dossiers, Bonnes feuilles, La Une CED

Bonne feuille de "L'eau douce" de Thierry Maré . Ecrivain(s): Thierry Maré

Didier Bazy suggère ici un morceau choisi de L'EAU DOUCE, roman à paraître.


Avec le temps, l’exploration devient habitude. Rien de plus ardu pour la conscience ― c’est pourquoi peut-être on s’y plonge. Le soir, nous accueillant, Lucette a le contentement las des femmes qui ont travaillé. Je n’ai plus de savon, dit-elle, pour la lessive.
Allons au comptoir d’épicerie, propose mon fils en claquant la langue. On passera la soirée, on boira des coups. Il faut se distraire, de temps en temps. Allez-y sans moi, dit Lucette. Mon fils essaie de la convaincre à bras ouverts, bras refermés. Une discussion chuchotée s’engage. Lucette reste intraitable, je ne sais pas pourquoi. Il me semble qu’elle aime de moins en moins le monde, quoi qu’on entende par là. Pour ma part, j’aimerais mieux n’aller nulle part, mais je sais qu’il ne faut pas le dire.
Rester ici, couché, dormir, même en sachant que le sommeil ne viendra pas ; rêver peut-être à tout ce qui ne vient pas… La bière, le monde et les maquereaux au vin blanc, je peux m’en passer, je crois. Je sais qu’il ne faut pas le dire. Si je donne un avis, ils vont faire le contraire, exprès. Mieux vaut donc garder le silence. C’est aussi ce qui fatigue le moins.