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Chroniques régulières

Carnets d'un Fou - XX

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 07 Février 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

Le 3 février 2013

 

Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

 

« Ce n’est plus le temps où l’on s’étendait sous un arbre à regarder le ciel entre deux orteils, mais le temps où l’on produit ».

Robert Musil

Carnets d'un fou - XIX

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 15 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Le 8 janvier 2013

 

Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

 

Elles [les prostituées] ressemblent au critique littéraire d’aujourd’hui, qui, sous quelques rapports, peut leur être comparé, et qui arrive à une profonde insouciance des formules d’art : il a tant lu d’ouvrages, il en voit tant passer, il s’est tant accoutumé aux pages écrites, il a subi tant de dénouements, il a vu tant de drames, il a tant fait d’articles sans dire ce qu’il pensait, en trahissant si souvent la cause de l’art en faveur de ses amitiés et de ses inimitiés, qu’il arrive au dégoût de toute chose et continue néanmoins à juger.

Balzac, Splendeurs & misères des courtisanes, I

Pendant qu'il neige : le secret de la chronique

Ecrit par Kamel Daoud , le Lundi, 14 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« C'est comme un chien dans ma tête : il aboie et j'écris. Sauf que ce n'est pas si simple. Il me semble que c'est moi qui suis au bout de sa laisse, qu'il me promène parfois durant une demi-heure par jour, me laisse gambader dans son univers puis me ramène vers mon angle mort qui est ma vie de tous les jours. Je m'explique donc : c'est un chien immense, composé d'étoiles dans une obscure nuit qui lui sert de peau sans fond. Il aboie en Alphabet et j'écris. Parfois bien, parfois mal, quand il va trop vite et que ne me restent que des bouts de phrases. Il est grand, le chien noir qui m'enjambe pour aller boire, à l'autre bout du monde, son eau et revenir. C'est comme ça que je peux décrire les choses qui se passent dans ma tête. Car dehors, pour ceux qui me voient de dehors, il ne se passe rien. Je suis penché sur un gros cahier plein de ratures, devant un micro, en train de tabasser un clavier et j'écris sans cesse, sans cesse et toujours. Un scribe dans un journal où je suis payé au mois pour faire semblant d'être courageux.

La mère Michel a lu (14) - La Comédie, Dante Alighieri

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 09 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« La Mère Michel n’a jamais perdu son chat. Elle le tient attaché, ne le lâche pas de l’œil. Le félin est un livre, il n’a pas d’âge. D’hier, d’aujourd’hui, de toujours, il miaule derrière la porte ».

 

La Comédie (Enfer - Purgatoire - Paradis) de Dante Alighieri, Édition bilingue, présentation & traduction de Jean-Charles Vegliante, Nrf Poésie / Gallimard, 1280 pp., Coll. n°480 / 17 €

Le poème de la chrétienté

 

« Les intuitions des poètes sont les aventures oubliées de Dieu ».

Elias Canetti, Le Territoire de l’homme

Voies de traverse (10) - vie et crimes de Sitarane

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 08 Janvier 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Encore adulé aujourd’hui par ses adeptes, auréolé d’une légende aussi étrange que sombre et cruelle, Sitarane aurait pu inspirer un thriller mordant ou un récit fantastique et occulte. Jean-François Samlong a choisi d’en faire le personnage principal d’un roman historique foisonnant, complexe et singulier, prenant pour cadre le début du XXe siècle dans une Réunion soumise aux excès des colonisateurs et aux superstitions les plus folles. Avec une écriture dense et inspirée, il retrace faits réels et chronologie d’une vie de crimes, de magie et de troubles, il compose un récit effrayant, érudit et ensorcelant.

« L’île chancelait, toute nue.

Entre les mains des sorciers noirs qui l’asphyxiaient à coups de gris-gris depuis des mois, elle menaçait de partir en fumée. Ne projetaient-ils pas de lui planter un pieu dans le cœur ? De lui faire rendre gorge selon des plans de bataille décisifs ? Si oui, qui les élaborait si finement ? »