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Chroniques régulières

Souffles - L'exil tombal d'écrivains algériens

Ecrit par Amin Zaoui , le Vendredi, 18 Octobre 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Il est des tombes de soldats inconnus ! Sur ces tombes on met des gerbes de fleurs et on joue de la musique universelle. Et il est des tombes d’écrivains connus ! Ces soldats sont dans leurs tombes négligés. Les dérangeurs ! La terre est un mythe. Dormir dans la terre qu’on aime est une sensation extrême. Ils sont sombres ces écrivains enterrés loin de leur terre natale : l’Algérie. Se trouver condamné à être enterré dans le froid du silence, loin du parfum de la terre natale, cela n’est que l’exil continu. Éternel exil ! Dès que je pense à nos écrivains enterrés dans des pays étrangers, je mesure leur colère silencieuse. Toutes les tombes étrangères sont glacées.

Il était une fois un écrivain appartenant à la race d’anges. Il s’appelle Mohammed Dib (1920-2003). Fils du métier à tisser et des ruelles chuchoteuses de Tlemcen. Lalla Setti, La Aïni et tous les habitants de Dar Sbitar l’attendaient pour dormir dans cette terre de Sidi Boumediene. Mais le mort n’est pas revenu. Il a donné son corps à la terre étrangère ! Plaie ! Depuis, Tlemcen est en deuil.

Je t’aime, je t’aime, Alain Resnais

Ecrit par Sophie Galabru , le Jeudi, 10 Octobre 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED, Côté écrans

 

Inspiré du livre de J. Sternberg, Un jour ouvrable, ce film de Resnais est comme une recherche du temps perdu médicalement assistée. Un groupe de chercheurs proposent à Claude Ridder, après son suicide manqué, l’étrange expérience de remonter le temps, plus précisément un an en arrière, pour une minute. S’ils sélectionnent C. Ridder, ce n’est pas au hasard, il est lui-même un homme que le temps questionne. Le temps est pour Claude une étrangeté de l’existence : tandis que la pendule marque l’heure, le temps ne veut rien dire pour un monde qui ne cessera pas de tourner. Il est trois heures pour un homme, qui sera un jour ou l’autre soustrait de ce monde. Compter les heures est une opération dérisoire pour la grande âme du monde qui pour toujours sera. Et Claude qui prend conscience que le temps ne passe pas pour celui qui l’observe peut dire : « le temps passe pour les autres mais pour moi seul dans cette pièce il ne passe pas. Il était trois heures il y a trois minutes, il sera trois heures dans quinze jours, dans trois siècles ».

Paul Fort à la faveur de Brassens

Ecrit par Jean Bogdelin , le Lundi, 07 Octobre 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

Malbrouck, dont le château se trouve à la jonction de trois frontières, dans le nord-est, était-il un personnage mythique, surgissant goguenard d’une comptine composée pour le Dauphin de France ? Comptine devenue ensuite chant de marche des armées du Roi, puis chanson enfantine dans nos écoles.

 

Malbrouck s’en va-t-en guerre

Mironton, mironton, mirontaine

Malbrouck s’en va-t-en guerre

Ne sait quand reviendra

Souffles - Arche de livres et le Déluge !

Ecrit par Amin Zaoui , le Samedi, 05 Octobre 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Le déluge ! Chaque temps a son déluge ! Chaque pays aussi. Les Livres sacrés ont tous conté la même histoire du déluge, celui de Noé, à chacun son édition rajoutée.

Je ne vous parle pas de ce déluge rapporté par Moïse, par Jésus ou par Mohamed (que le salut soit sur les trois frères ennemis !). Je vous parle du déluge algérien. Et parce que l’heure de chaque déluge est prescrite par le Ciel. Annoncée à travers des signaux célestes. En Algérie l’heure de déluge s’approche.

En signe de cette Heure, les algériens, tous les algériens, regardent leurs montres et hâtent le pas vers nulle part. En bon citoyen, qui aime son pays et apprend par cœur Kassamane, moi aussi j’ai regardé ma montre. Et j’ai remarqué que ses aiguilles avancent dans le sens inverse. Marchent de droite à gauche. Comme dans le sens de l’écriture arabe ! (Juste rappeler aux roumis que l’arabe s’écrit de droite à gauche). Et leur rappeler aussi que  la langue arabe est la langue de l’au-delà. Même Barack Obama, Moshe Dayan, Mao Tsé-toung, Hemingway, Bokassa, De Gaulle et même Abdelmalek Sellal… parleront un jour, le jour dernier, l’arabe. Langue d’Allah.

Le scalp en feu - V

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 25 Septembre 2013. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« Poésie Ô lapsus », Robert Desnos

Le Scalp en feu est une chronique irrégulière et intermittente dont le seul sujet, en raison du manque et de l’urgence, est la poésie. Elle ouvre un nombre indéterminé de fenêtres de tir sur le poète et son poème. Selon le temps, l’humeur, les nécessités de l’instant ou du jour, ces fenêtres changeront de forme et de format, mais leur auteur, un cynique sans scrupules, s’engage à ne pas dépasser les dix pages pour l’ensemble de l’édifice. Lecteur, ne sois sûr de rien, sinon de ce que le petit bonhomme, là-haut, ne lèvera jamais son chapeau à ton passage car, fraîchement scalpé, il craint les courants d’air.

Enfin, Le Scalp en feu sera, à partir de ce 5e numéro, publié simultanément sur les sites de Recours au poème et de La Cause Littéraire / Septembre 2013.