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Chroniques régulières

Carnets d'un fou - XIV, Michel HOST

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 05 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Le 27 décembre 2011


Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

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On croit toucher la surface des choses

et c’est déjà l’intime.

La peau

c’est déjà l’intime.


Jean-Louis Giovannoni, L’immobile est un geste

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Voies de traverse (1) : Joseph Delteil, chrétien et païen

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 04 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Jeanne d’Arc, Ludmilla, la Poilue et les Poilus… autant de figures terriennes, sensuelles et ouvrant à une forme de spiritualité ancrée dans le réel, dans le quotidien le plus anodin. Autant de figures subversives et scandaleuses qui valent à Delteil un succès fulgurant dans les années 20, mais aussi des animosités farouches. Il abandonnera la scène littéraire en 1937, en rupture avec les surréalistes et se décidera à l’isolement le plus complet dans son Sud natal.

Considéré comme l’un des grands lyriques du XXe siècle, Delteil en est aussi l’un des grands oubliés. La maison Grasset, grâce au travail de Robert Briatte, réédite notamment dans ses Cahiers rouges, les œuvres de cet écrivain atypique et libre.

Delteil détonne, Delteil surprend et fascine. Sa sincérité est totale. Sa prose poétique, charnelle et violente rebutera les amateurs de sobriété. Delteil, en effet, est un être gourmand, un styliste luxuriant, un « homme de cœur » ainsi qu’il se définit dans la préface des Poilus.

Dans son premier roman Sur le fleuve amour (1922), il déploie une voix d’une puissance incroyable, aux accents baroques et terriens. Ce récit de guerre distillant un érotisme cru dévoile une vision politique frôlant le récit d’anticipation. Les hordes de l’Est dépoitraillées ou revêtues d’uniformes divers se lancent à l’assaut de l’empire des tsars. Les scènes de combat sont remplacées par des scènes d’amour, des visions d’enlacements barbares ou raffinés.

Naguib Mahfouz poursuivi dans sa tombe !

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 26 Décembre 2011. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

"Souffles" in "Liberté"

 

“Lorsque la politique tombe, le régime chute. Mais lorsque la culture s’effondre, c’est tout le pays qui s’écroule”

Kassem Hawal.


Même si (houb) amour est le mot le plus répété, le plus défendu, le plus célébré dans les écrits romanesques et narratifs de Naguib Mahfouz, même si l’écrivain est entre de bonnes mains, celles du Bon Dieu, les salafistes eux n’ont pas pardonné au romancier. En ces jours où ils refont surface en égypte, et à l’occasion de son centenaire, Naguib Mahfouz est poursuivi jusque dans sa tombe. Inquiété dans sa quiétude éternelle !

En 1959, cheikh Mohamed Al Ghazali, alors fonctionnaire au ministère égyptien des Habous et des affaires islamiques chargé du dossier de la censure littéraire et artistique, a adressé un brûlant rapport sous forme d’une fatwa au président, le Raïs Nasser, lui demandant  l’interdiction de toute publication du roman « Awlad Haretna » (Les enfants de Médine) de Naguib Mahfouz. Depuis, le roman demeure, officiellement, interdit de publication dans son pays. Et le romancier menacé dans sa vie personnelle jusqu’à sa mort le 30 août 2006.

La Mère Michel a lu (5) la beauté et la douleur des combats de Peter Englund

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 22 Décembre 2011. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

La beauté et la douleur des combats de Peter Englund

Une nouvelle histoire de la Première Guerre mondiale. Traduit du suédois par Rémi Cassaigne, éd. Denoël, 2011 [Titre original : Stridens Skönhet och Sorg, Éd. Atlantis, Stockholm], 556 pp., avec illustrations photographiques, 27 €


LA GUERRE N’EST PAS UN ART D’AGRÉMENT


« Les expériences personnelles de ce qu’on appelle la guerre sont au mieux l’évocation au réveil des souvenirs d’un rêve confus et ahurissant, îles perdues dans le brouillard des mers. Quelques incidents personnels se détachent un peu plus clairement, tirant leur clarté de la chaleur de la chose vécue. Puis même les incidents comportant le plus grand danger deviennent banals, jusqu’à ce que les jours semblent s’écouler sans rien de notable que la proximité constante de la mort ».

Edward Mousley, artilleur.

Comment devenir écrivain ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Jeudi, 15 Décembre 2011. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

"Souffles" in "Liberté"

 

“Les tyrans savent qu’il y a dans l’œuvre d’art une force d’émancipation qui n’est mystérieuse que pour qui n’en n’ont pas le culte ; chaque grande œuvre rend plus admirable et plus riche la force humaine, voilà tout son secret."

(Albert Camus, extrait du discours de Suède)


Les écoles de formation d’écrivains me font rire. Comme celles pour la formation des peintres. Les ateliers d’écriture, à mes yeux, ressemblent à un cirque dont les numéros des comédiens sont ratés ! Dans l’écrivain cohabitent le feu et l’eau, l’ange et le démon. Ils sont frères. Ils tètent au même sein ! Le même lait qui n’a pas uniquement cette couleur : Blanche. Il est aussi noir, vert, rouge… il peut être aussi sans couleur ! Y a-t-il une recette magique pour devenir écrivain ? Un grand écrivain à l’image de Tolstoï, Haruki Murakami, Mohamed Dib ou Naguib Mahfouz ! Peut-on découvrir une ordonnance pour devenir un bon écrivain, comme celle d’un  dermatologue pour combattre la gale ou la démangeaison ?