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Chroniques régulières

Quatre lettres dans une boîte postale scellée (1)

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 07 Février 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Première lettre


Dès que je pense à la place sociale, culturelle et politique qu’occupent les concepts suivants : diversité, identité, langue et religion, en Algérie et dans le Monde arabe d’aujourd’hui, quelque chose m’effraie. Certes, nous sommes fiers de notre diversité linguistique : nous étions, et nous sommes toujours, bercés dans au moins quatre langues : l’arabe algérien (la langue de ma mère), le berbère (langue des Algériens), l’arabe littéraire (langue d’école,  butin de l’islam) et le français (langue d’usage quotidien et butin de guerre contre le colonialisme). Nous sommes des êtres historiques aux quatre langues ! Et on a un beau soleil. Et une terre qui fait quatre fois la superficie de la France. Le plus grand pays africain. Et on a de bonnes dattes. Et un bon vin. Et on a un grand malaise. Certes, être le fils ou l’arrière-petit-fils littéraire et linguistique de Kateb Yacine (maître de Nedjma), ou de Cheikh Mohand Ou M’hand (Amokran Achchouara prince des poètes kabyles), ou de Moufdi Zakariya (maître de l’hymne national décédé en exil) ou d’Abdallah Ben-Kriyou (seigneur des poètes populaires), c’est un don du ciel et une fierté historique et intellectuelle. Linguistiquement parlant, nous sommes le Peuple élu ! On a tout ce qu’il faut, et un peu plus, on a la langue du lait maternel à la bouche, la langue du paradis dans le cœur et la langue du rêve algérien dans de beaux romans.

La mère Michel a lu (7), au jardin de rhubarbe

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 30 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED


Les « intranquilles »


La Mort d’un roman, Aymée Jafrati, Météorite, 147 pp., 2012, postface de Michel Host, Éditions Rhubarbe, 12 €

La Montagne, René Pons, 30 pp., 2012, Éditions Rhubarbe, 6 €

Éditions Rhubarbe, Auxerre, www.editions-rhubarbe.com/

Littérature sauvage, textes inclassables et autres curiosités. Maître d’œuvre : Alain KEWES


Aymée Jafrati, La mort d’un roman


Deux citations de Gilbert Prouteau, avant d’embarquer :

Pourquoi cette animosité envers nos écrivains ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Vendredi, 20 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Souffles...

 

L’écrivain détient sa propre logique. Elle est à lui seul. Sa peau. Même dans le mensonge, la logique de l’écrivain est prophétique, juste. Elle est autre que celles dont disposent les autres menteurs. L’écrivain adore prendre la folie en compagnie. Cette compagnie, cette folie, n’est que sa bougie pour voir clair, détecter la brume et traverser l’obscurité qui règne autour de lui.

Boualem Sansal, écrivain talentueux, le silence, la rigueur et la plume. Le défi et la douceur ! Il ne recule pas ! Fidèle à la mémoire de son ami le romancier Rachid Mimouni. L’encre d’écrivain est équivalente au sang du martyr. Comme Kateb Yacine, Boualem Sansal n’est pas aimé dans ce pays. Rejeté par les siens. Pas tous. Pourquoi on maudit les créateurs. Dieu les a créés à son Image Sublime. En 1978, encore étudiant à l’université d’Es-Sénia d’Oran, j’ai eu la chance de rencontrer Kateb Yacine. Écouter en tête à tête Kateb Yacine. Cela s’est passé à Ténira, petit village agricole dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès. C’était un beau jour de printemps, en avril. Assis, Kateb et moi, à même le trottoir, devant le seuil de sa petite maison rurale, il m’a offert une tasse de café.

La mère Michel a lu (6) Une odyssée intérieure, Elie-Charles Flamand

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 19 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED


Le Troisième souffle, Élie-Charles Flamand, poèmes, 90 pp., 2010, La Lucarne ovale, 20 €

Ciseaux en liberté, Élie-Charles Flamand, poèmes & Illustrations de l’auteur, 20 pp., 2010, La Mezzanine dans l’Ether, 13 €

Les Amis de la Lucarne Ovale, 21 rue Chante-Merle 77720 Saint-Ouen-en-Brie


C’est entendu, Élie-Charles Flamand est un poète que la fusée de l’existence transporta de Lyon à Paris, de la lointaine et néanmoins proche planète où vécurent Maurice Scève et Pernette du Guillet, aux surréalistes contrées qu’arpenta André Breton, dont il fut proche et resta l’ami fidèle en dépit d’un éloignement du groupe pour cause d’incompatibilité génétique : les préoccupations spirituelles et métaphysiques d’Élie-Charles Flamand s’harmonisaient mal, on le suppose, avec les mécanismes de l’automaticité scripturale, les exquisités cadavériques, les anathèmes, les excommunications et l’athéisme revendiqué de ses remuants compagnons. Tout cela est quelque chose comme une histoire extérieure, événementielle.

Chronique du sel et du soufre (janvier 2012)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mercredi, 18 Janvier 2012. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

A quoi sert le savoir ?


Les Presses Universitaires de France ont fêté l’an dernier leurs quatre-vingt dix ans. À cette belle occasion, l’équipe des dirigeants a proposé, comme publicité « intelligente » (la chose est suffisamment rare pour être mise en valeur !) un ouvrage gratuit intitulé « À quoi sert le savoir ? ». L’éditeur a chargé les libraires de  distribuer ce livre de poche aux lecteurs fidèles des collections des P.U.F. Jadis, ce type d’opération était assez banal. Et je me souviens notamment d’un ouvrage qui était proposé ainsi aux lecteurs des éditions Seghers en 1977 (« Trésor des poètes »), lequel m’avait notamment fait connaître Henry Bauchau, Rouben Mélik et André Velter…

Afin de  rendre hommage au travail remarquable des P.U.F, soixante-douze intellectuels de notre pays se sont donc exprimés en 2011. Ceux-ci ont réussi à répondre, en général avec originalité, aux interrogations multiples suscitées par leurs positions de philosophes, de sociologues, d’anthropologues, de politologues même. Choisissant au hasard quelques articles ad hoc,  attardons-nous sur les avis de Jacques André (psychanalyste), Chantal Delsol (philosophe), Jean-Luc Marion, l’académicien (professeur à la Sorbonne) et Jean-François Sirinelli (historien).