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Backstage Cirque du Soleil

Ecrit par Elisa Amaru 20.04.15 dans La Une CED, Côté Arts, Les Dossiers

Backstage Cirque du Soleil

 

Backstage Cirque du Soleil, éd. Assouline, mars 2015, photographies Véronique Vial, préface Guy Laliberté, éd. bilingue français-anglais, 200 ill., 232 pages, 65 €

 

Les éditions Assouline célèbrent le 30e anniversaire du Cirque du Soleil avec un beau livre en forme d’hommage. L’occasion d’un retour en images solaire qui lève le rideau sur les artisans du rêve avec plus de 200 clichés rares ou inédits de la photographe Véronique Vial, qui signe ici son 6e livre photo sur la plus mythique des troupes circassiennes !

Complice des aventures backstage du Cirque du Soleil depuis 25 ans lors du spectacle Nouvelle Expérience, la française Véronique Vial s’installe à cette période à Los Angeles, en 1989, une ville qu’elle dit avoir choisi « pour sa lumière ». Elle poursuit : « à l’époque, un magazine m’avait envoyé faire un reportage au cirque et je suis tombée amoureuse de la troupe et de tout le chapiteau ! »

Sous le plus grand chapiteau du monde !

Comme après un coup de foudre, Véronique Vial « tombe en amour » pour cette famille élargie du cirque avec ses rites et ses codes. Au fil du temps et de ses visites, une histoire photographique capture les contours de la troupe en train de se constituer.

Né d’une poignée de saltimbanques à ses débuts, le Cirque du Soleil va entraîner dans son sillage pailleté plus de 4000 employés. Parmi ceux-là, 1300 artistes donnent corps au rêve lors de tournées monumentales mises en scène dans une quarantaine de pays sur les 6 continents. Son fondateur (et actuel propriétaire à 90%, mais qui pourrait bientôt vendre la quasi-totalité de ses parts), Guy Laliberté, accordéoniste, échassier et cracheur de feu, devenu homme d’affaires, puis célèbre dans le monde entier pour sa passion du poker ou encore ses engagements dans l’humanitaire, a imaginé le cirque idéal à son image : un divertissement authentique. A l’exemple de ce Monsieur Loyal, cette authenticité à échelle d’hommes et de femmes, amuseurs publics dotés d’une âme, les clichés de Véronique Vial en témoignent aujourd’hui dans ce beau livre qui nous montre le quotidien des artistes sans fard.

 

La photographe déclare ainsi vouloir « attraper l’essence des gens, attraper l’instant, le moment qui compte, chargé d’émotion ». Côté parcours, c’est son père qui lui offre son premier Hasselblad pour ses 20 ans : « pour m’obliger à ne faire que de la qualité. Mais c’est surtout un vieil ami photographe qui m’a donné envie d’embrasser son métier à cause de son style de vie. Beaucoup de voyages, beaucoup de rencontres et surtout de belles images ! »

Une vie en noir et blanc

Célèbre pour son travail photographique intitulé Femmes au saut du lit, Véronique Vial l’est aussi pour ses nombreux clichés de nus féminins. Des silhouettes libres jaillies de l’objectif dans un clair obscur érotique et rebelle. Même si pour Backstage Cirque du Soleil les photos choisies font la part belle aux couleurs vives des maquillages et des costumes comme au ciel bleu des tentes, Véronique Vial avoue préférer le noir et blanc, car « on voit l’émotion tout de suite ! » La photographe ne déshabille pas non plus sans raison ses modèles : « je ne peux pas dire que j’aime photographier le corps pour le corps, c’est la personne derrière que je recherche… et moins elle porte d’habits, moins il y a de distraction entre elle et mon œil ».

Une recherche d’émotion sans fin qui influence cette dernière au quotidien à en juger par ses référents. « L’art me fait rêver, dit-elle, j’en ai besoin. Je vis dans les peintures de mon frère Nicolas Vial au quotidien. Il a toujours été d’une grande inspiration pour moi. J’ai beaucoup d’amis artistes, j’échange avec eux les idées, l’inspiration… En photo mes maîtres sont Brassaï, Robert Doisneau, Gordon Parks ».

Se considère-t-elle à sa manière comme une saltimbanque ? « L’idée m’amuse, répond-elle, il est vrai que je voyage beaucoup. Mais j’ai aussi un côté sérieux de photographe de pub dans mon studio de Los Angeles qui n’a rien à voir avec le cirque et qui m’occupe 7 à 10 mois par an ».

L’art dans l’arène

Distinguée par de nombreux prix, dont l’American Photographic Artist, un World Press Award en 1998, Véronique Vial a-t-elle un rêve d’enfant qui lui reste à concrétiser ? « Ce serait d’exposer mon travail dans un musée ». Quant à la photo parfaite, réussie : « Je l’attends toujours… »

Son travail paru dans ce beau livre-photo aux éditions Assouline résume toute l’énergie, le chahut et la méditation qui se superposent dans l’enceinte du cirque à chaque représentation. Un hommage appuyé aux clowns, voltigeurs et pantomimes de toutes nationalités, immortels le temps d’un barnum dans l’émotion suspendue du spectacle.

 

Article et entretien réalisés par Elisa Amaru pour Le Mot et la Chose

 

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Photographe, Véronique Vial est née à Paris, elle voyage à travers le monde avant de se fixer à Los Angeles en 1989. Elle se révèle dès ses premières séries, en saisissant l’âme des stars d’Hollywood dansA day in the life of Hollywood. Elle poursuit ce travail en surprenant à leur réveil des femmes célèbres avec Women before 10 AM, bientôt suivi de son pendant masculin. Elle a exposé lors du prestigieux Festival Visa pour l’image de Perpignan, à la Galerie Fahey/Klein de Los Angeles. Elle a reçu l’APA World Press Award en 1998.

 

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A propos du rédacteur

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Rédactrice


Journaliste et Blogueuse. Elle tient avec Odile Alleguede le blog "Le Mot et la Chose"